Mardi 18 décembre 2 18 /12 /Déc 11:44

Allez, on se prépare à la semaine prochaine et on chante tous ensemble !

 

Les anges dans nos campagnes, version allemande :

 

1. Seht ihr unsern Stern dort stehen,
Helles List in dunkler Nacht,
Hoffnung auf ein neues Leben
Hat er in die Welt gebracht.

 

Gloria in excelsis Deo !
Gloria in excelsis Deo !

 

2. Menschen ohne Haus und Habe
Atmen plötzlich wieder auf,
Denn ein Kind ist uns geboren,
Welten ändern ihren Lauf.

 

3. Weil wir neues Leben suchen,
darum folgen wir dem Stern,
Sammeln Gaben, singen Lieder
Für die Menschen, für den Herrn.

 

(Voyez-vous notre étoile au loin, cette lumière claire dans la nuit noire, elle a apporté l'espoir d'une nouvelle vie dans notre monde. Les hommes sans maison et sans biens respirent à nouveau, car un enfant est né et les mondes ne tournent plus comme avant. C'est parce que nous cherchons une nouvelle vie que nous suivons cette étoile, que nous rassemblons des cadeaux et chantons des chansons pour les hommes et pour le Seigneur.)

 

Il est né le divin enfant, version allemande :

 

Heller Stern in der dunklen Nacht,
Schlagzeug, Gitarren und neue Lieder ;
Heller Stern in der dunklen Nacht,
Gott hat Licht in die Welt gebracht.

 

1. Menschen hoffen von Anbeginn,
Hoffen trotz aller Dunkelheiten ;
Menschen fragen nach Heil und Sinn,
Finden Antwort in Bethlehem.

 

2. Menschen suchen von Anbeginn,
Suchen trotz aller Sicherheiten ;
Menschen fragen nach Ziel und Sinn,
Finden Antwort in Bethlehem.

 

3. Menschen lieben von Anbeginn,

Lieben trotz aller Traurigkeiten ;
Menschen fragen nach Glück und Sinn,

Finden Antwort in Bethlehem.

 

(Étoile brillante dans la nuit noire - Tambour, guitares et chants nouveaux - Ètoile brillante dans la nuit noire - Dieu a apporté de la lumière dans le monde.
Les hommes espèrent depuis la nuit des temps, ils espèrent malgré les ténèbres. Les hommes demandent un salut et un sens et trouvent une réponse à Bethléhem. Les hommes cherchent depuis la nuit des temps, ils cherchent malgré les certitudes. Les hommes demandent un but et un sens et trouvent une réponse à Bethléhem. Les hommes aiment depuis la nuit des temps, ils aiment malgré les tristesses. Les hommes demandent un bonheur et un sens et trouvent une réponse à Bethléhem)

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - musique
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Dimanche 30 septembre 7 30 /09 /Sep 14:49

Actualité de toute actualité, n'est-ce pas, puisque le concert de Die Ärzte (le meilleur groupe du monde, mais ca vous le savez déjà) a eu lieu le samedi 2 juin dernier.

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Concert placé sous le titre "La fin, c'est loin d'être terminé".

Évidemment, je trépignais d'impatience avant d'y aller, sans me rendre compte parfaitement que oui, j'allais les voir en vrai. Mon premier concert. Farin, Bela et Rod en chair et en os.

 

"Bah, rien d'extraordinaire, on peut même les croiser souvent dans la rue à Berlin." me sort Tobi, grand fan de Die Ärzte devant l'Éternel, et qui a en poche un ticket pour le lendemain.
On doit pas fréquenter les mêmes rues, Tobi et moi (bizarrement, ils doivent jamais se ballader vers la fac).

 

Sur place, rien de très extraordinaire. C'est un concert en plein air, dans un jour de juin un peu gris.
Dans la foule, un peu plus de t-shirt noirs et de coiffures bizarres qu'à l'ordinaire, et une avalanche de t-shirts achetés à d'autres concerts (genre, moi je me suis fait tous les concerts depuis la créaction du groupe, je suis un vrai de vrai). Comme on a affaire à un groupe cultissime, le public est très varié, allant des vétérans de la première heure aux ados en pleine crise.

 

Konzert_Leute_1.jpg

 

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Pour le reste, ca reste des Allemands. Ils sont gentils (même les punks), bienveillants (même les punks)... et y'a de la bière (sinon c'est pas allemand).

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Bref, un coca une bière en main, découvrons maintenant la scène.

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Au premier plan, on découvre des punks une sorte de tribune décatie, sous l'emblème de la police et de l'Union Européenne. Visiblement dessée devant un mur recouvert de barbelés. Et au dessus des barbelés...
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... Merkel pointe le bout du nez.

Konzert_Buhne1.jpg

Malheureusement, le concert ne révèlera aucune explication à ce décors bizarre. Mais j'aime bien.

 

De toute facon, j'anticipe. Car pendant que la bruine se met à tomber, c'est la "Vorband" qui entre en scène.

Konzert_Vorband.jpg
Un commando cagoulé arrive sur scène, c'est eux, la Vorband. Amis du bon goût, bonjour, vous avez dû vous tromper de porte.
La Vorband, le groupe qui fait la première partie d'un concert. Die Ärzte a choisi un groupe de Hip-hop berlinois, K.I.Z.
Ce ne sont pas complètement des débutants, même s'ils sont encore peu connus au niveau national. Leur plus grand succès semble être "Urlaub fürs Gehirn", titre avec lequel ils démarrent leur intervention, si ma mémoire est bonne.

 

Je ne suis pas une grande fan et je ne parlerais sans doute pas d'eux s'ils n'avaient pas fait la première partie du concert. Mais tout de même, j'apprécie assez leur clip "Freiwild".

 

Tu veux protéger ton gosse
Alors tu éteinds la radio
Mais ca ne t'avancera pas à grand chose
Enferme-le à double tour
Ampute-lui les oreilles
Et condamne ta maison

 

Pour le reste, je les trouve un peu trop macho premier degré à mon goût. (ou alors je comprends pas l'humour)

 

Tout le monde a apprécié la performance, c'est vrai qu'ils avaient mis une bonne ambiance. Bela B est venu se joindre à eux (Bela B hiiiiiiiiii !!!) Après une courte pause, enfin, Farin et Bela montent sur scène, le concert démarre...

 

Que dire du concert ? J'étais ravie, écrabouillée entre des épaules allemandes. J'ai bien été obligée d'arrêter de respirer durant les deux heures qu'a duré le concert, et je peux dire que le fait que ma cage toracique soit encore intacte après cette expérience démontre la merveilleuse résistance du corps humain.

À l'exception de mon adoré "Radio brennt", Farin, Bela et Rod ont lancé TOUS mes morceaux préférés ("Wie am ersten Tag", "Ist das alles"... et même l'improbable "Rettet die Walle"). On a vu aussi passer beaucoup de chansons du dernier album, sorti quelques semaines avant le concert (et que, j'avoue, je n'ai eu ni le temps ni l'argent d'écouter).

D'autre part, l'hystérie générale était tellement disproportionnée que j'ai du mal à garder un souvenir bien parfait de ce concert. Malgré tout, l'art de flatter le public dans le sens du poil, de faire du fric sur tout et n'importe quoi (le verre, le t-shirt, l'autre verre, l'autre t-shirt, etc) donnent un arrière goût peu sympatique au meilleur groupe du monde.

 

En conclusion la seule photo à peu près acceptable que j'ai réussi à faire dans l'écrabouillement général... avant de décider que j'étais là pour profiter du moment, pas pour fixer des souvenirs sur pixels :
Konzert_farin.jpg

Fariiiiiiiiiin !
(purée... y rajeunit pas, lui non plus...)

Et de plus en plus, j'apprécie Bela.

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - musique
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Samedi 25 août 6 25 /08 /Août 09:12

Je sors le blog de sa torpeur pour relayer une sympatique initiative de Nat, francophone de Berlin.

Elle invite tout ceux qui le veulent à venir faire leur propre bière avec elle. Donc si, vous êtes sur Berlin, viendez viendez, plus on est de fous plus on rit !

 

Ca devrait se passer le deuxième ou troisième week-end de septembre, j'essayerai de tenir ma résolution et de vous faire un petit reportage.

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - manger
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Mercredi 9 mai 3 09 /05 /Mai 14:57

Il est vraiment trop triste de regarder un résultat d'élection tout seul. À la rigueure, je préfère passer une soirée électoral avec un fanatique de droite plutôt que seule devant les infos. Bref, dimanche, c'était l'occasion où jamais de me sociabiliser. La communauté francaise étant quand même importante sur Berlin (surtout depuis cinq ans, me suis-je laissé dire par quelques personnes bien informées), j'avais l'embarras du choix des soirées électorales. J'aurais pu aller au siège du SPD (le parrti socialiste allemand) avec "les jeunes du SPD" et leurs camarades expats du PS pour se réjouir ensemble de la victoire probable de Hollande. Mais bien qu'ayant appelé le résultat de dimanche soir de mes voeux, j'ai craint l'overdose de socialisme.

 

J'ai donc choisi le terrain vaguement plus neutre du Centre Francais de Berlin et j'ai tiré après moi un ami allemand non-francophone, histoire de compliquer la soirée.

 

D'expérience, je savais qu'il existe peu d'expats francais qui se réclament de la droite à Berlin. Je ne prenais donc pas vraiment le risque de tomber dans une taupinière UMP pour ma soirée électorale improvisée. Et en effet, l'ensemble du public (assez restreint, d'ailleurs) a applaudi aux résultats et trinqué joyeusement à la santé du nouveau président.

L'ensemble de la soirée s'est passé dans un joyeux brouhaha qui rendais difficile l'écoute des commentaires journalistiques. De toutes facons, selon toutes apparences, il s'agissait principalement de filmer en gros plan le visage du fils Hollande. Pleurera, pleurera pas ? Suspens intense meublant avec brio les temps morts entre deux discours.

 

Le silence s'est fait dans la salle à trois reprises. Entre temps, je commentais les images et donnais quelques cours de politique francaise à mon invité.

 

Le premier silence a été pour le discours de Sarkozy.

 

- Qu'est-ce qu'il a dit, Sarkozy ?
- Oh, je te fais pas la traduction intégrale, c'était tellement émouvant que tu risques de pleurer.
- Pourquoi les gens ont rigolé ?
- Parce qu'il a dit qu'il que dans cette campagne, il avait parlé de lui à de rares occasions.

 

- Non, mais sincèrement, il a dit quoi Sarkozy ?
- Il a dit qu'il allait jamais oublier qu'il a été président de la République.
- Ah oui, je crois que je m'en souviendrais aussi si j'étais président.

 

- Ouh, regarde, y'a une dame pas contente.
- La blonde qui fait la gueule ? C'est Nadine Morano. Cette femme, c'est euh... non, laisse tomber.

 

- Oh, regarde ! Il a l'air important, y'a plein de monde autour de lui.
- Oui, c'est Francois Fillon.
- C'est qui Francois Fillon ?
- C'est le chef du gouvernement francais.
- Connais pas.
- Oui, en effet. Je crois qu'on appelle ca
Strohpuppe en allemand...

 

Le deuxième silence dans la salle a été pour l'intervention de Marine Le Pen.
("Mais au fait, pourquoi est-ce qu'on l'écoute ?" a demandé au bout de quelques minutes ma voisine de devant.)

Les allemands savent en général qui est Marine Le Pen (elle s'appelle d'ailleurs souvent "le pan" ou "le pain", les allemands essayant d'être plus francais que les Francais), même s'ils ne connaissent pas son visage. Pas besoin de beaucoup de commentaires, donc.

 

Le troisième silence a été pour le discours très attendu (on avait faim et on voulait rentrer se coucher) de Francois Hollande.

 

elections.jpeg

 

Déception première de mon allemand:
Bah, il est pas à Paris ?

 

Puis joie et allégresse:
- "Europe". Ah, il parle de l'Europe !
- Oui, il parle de son programme européen.
- "Croissant." ?!? Ah, mais voilà ! C'est exactement comme ca que j'imaginais une élection en France : CROISSANTS POUR TOUT LE MONDE !!! Moi, Francois Hollande, je promets que chaque Européen aura un croissant au petit-déjeuner ! Et la foule francaise en liesse qui agite des drapeaux ! HOURRA POUR HOLLANDE ! CHACUN SON CROISSANT !

 

(oui, mes amis sont fous) 

 

- Tiens, tu vois cette femme qui ressemble à Merkel en brune ? Retiens bien son visage, c'est peut-être notre prochaine Merkel.
- Ben non, votre prochain Merkel, c'est Hollande.
- Non, Hollande, c'est le président.
- Mais c'est pareil.
- Bah non, justement.

 


 

 

Il n'empêche : les journalistes francais ne mentaient pas quand il disaient que le monde entier avait les yeux rivés sur la France. Ce n'est pas seulement pur chauvinisme que de dire cela.

 

Je m'en suis rendu compte ce mardi, en me rendant à mon centre d'assurance routière où j'avais des démarches à faire. Les démarches ont duré à peu près 2 minutes. Puis l'employé du centre d'assurance, un perse assez âgé, ayant reconnu mon accent, a monologué pendant au bon quart d'heure sur l'élection de dimanche. Il s'est enflammé sur le bilan de Niolas Sarkozy, qu'il connaissait sur le bout des doigts, l'a démonté point par point. Puis nous avons parlé de l'Europe, de la Grèce, de la politique allemande...

Comme je partais, il a dit : 

 

Vous savez, dimanche soir, j'ai pas dormi de la nuit. J'ai regardé en direct de la France, et je voyais cet homme sur l'estrade, à Paris, et le peuple heureux autour de lui. Je comprends pas un mot de francais, mais j'ai regardé toute la soirée la télévision francaise. C'était merveilleux.

 

Je trouve aussi très intéressant d'entendre ce qui se dit des deux côtés de la frontière franco-allemande. Pendant qu'en France, depuis dimanche, on ne fait que nous rassurer que Merkel accueillera Hollande, que tout ira bien, que l'Allemagne nous aime quand même, ici, ce ne sont qu'analyses dédramatisantes, "ne vous inquiétez pas, Hollande a confirmé qu'il viendrait à Berlin voir Merkel, son soutien à Nicolas Sarkozy n'a pas été une erreur diplomatique irréversible, les Francais ne sont pas fâchés et nous aiment quand même". 

 


 

 

D'autre part, vous n'êtes sans doute pas sans savoir qu'il y avait d'autres élections ce 6 mai dernier. Oui, d'accord, il y avait la Grèce aussi, mais mais mais... ?
Allons, voyons...
Mais les élections parlementaires en Schleswig-Holstein, voyons, bien sûr !

 

Bon, d'accord, j'avais moi aussi vaguement entendu parler d'élections dans un land quelconque d'Allemagne le 6 mai, mais comme mon invité était JUSTEMENT de Schleswig-Holstein (c'est dans le nord, si jamais vous étiez aussi nuls en géographie que moi) et qu'il avait vaguement espéré entendre parler de ces élections à la télévision francaise (ha ha ha), maintenant, je suis au courant, et je suis même presque capable de prononcer le mot "Schleswig-Holstein".

 

Ce qui intéressait particulièrement mon ami était de savoir le score réalisé par le Parti Pirate...

http://diefreiheitsliebe.de/wp-content/uploads/2011/10/logo_piratenpartei_deutschland.png

 

Le mois prochain, pour les législatives, la France aura droit elle aussi à son Parti Pirate. Or, en Allemagne, le Parti Pirate a créé l'évènement... à Berlin, justement.

 

Il faut alors revenir en septembre dernier, lors de mes premières élections allemandes. Le 19 septembre, c'était les élections parlementaires du Land Berlin et les élections municipales de la ville de Berlin (Berlin étant à la fois une commune et un Land). En tant que citoyenne de l'UE et résidant depuis plus de 3 mois (c'est le moins qu'on puisse dire), j'avais le droit de poser mon bulletin dans l'urne des élections municipales.

Mais finalement, c'est au niveau des élections parlementaires qu'a eu lieu la surprise : le Parti Pirate, complètement inconnu alors, obtenait 9%. Le Parti Pirate lui-même ne s'y attendait pas : il avait présenté une liste de 15 personnes et les 15 personnes ont été élues. Bref, quelques électeurs de plus et le parti n'avait pas assez de parlementaires à faire entrer au Landstag...

 

J'en profite donc pour laisser ici deux liens intérssants (et très geeks tous les deux):

Le premier lien est vers le journal de Linux.fr consacré à l'évènement de Berlin. La discussion poursuivie dans les commentaires est évidemment très intéressante en l'occurence.

Le deuxième lien est vers un article de Ploum qui analyse un peu le phénomène Pirate, version belge.

 

Quid donc des élections de Schleswig-Holstein ?
Là encore, le Parti Pirate rentre en force : 8% pour sa première élection, 10 pirates vont donc rentrer au Landstag.
L'évènement passe un peu inapercu cependant. Visiblement, les journalistes étaient plus occupés à savoir si le FDP (parti d'extrème droite) allait passer la barre décisive des 5%... (au cas où ca vous intéresse : ils ont fait 8,5%)

 

 


 

 

Dernière information de cet article à rallonge : vous savez sans doute que si nous avons un nouveau président depuis dimanche, les Allemands ont un nouveau président depuis assez peu longtemps aussi.
Allez, fermez les yeux, vous avez trente secondes pour vous souvenir du nom du président de la République allemande...
...
...
...
Non, toujours pas ?

 

Bon, le nouveau président allemand est Joachim Gauck, succédant à Christian Wulff qui a... démissionné. Oui, oui, démissionné. Mais pourquoi donc démissionner ? Tenez-vous bien à votre fauteuil : le président a démissionné parce qu'il était suspecté d'avoir touché de l'argent d'une femme très très riche et de se prélasser dans les yatchs de riches copains à lui (je vous la fait en très très résumé, hein). Toute ressemblance avec un autre président de la République est évidemment complètement fortuite.
Suite à quoi, Wulff dément violemment, mais démissonne, ayant perdu toute crédibilité.


http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L300xH296/sarkozy-en-rit_1242266946-300x296-05361.jpg

Et là, on rit : ha ha ha, mais qu'est-ce qu'ils sont nuls ces présidents allemands de démissionner pour si peu !

 

Je ne vous ai pas fait toute l'histoire en détail. Vous la retrouverez très bien expliquée dans cet article de Fab. N'hésitez surtout pas à cliquer sur ses liens pour remonter le fil de l'histoire, vous verrez, c'est très croustillant.

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général
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Samedi 7 avril 6 07 /04 /Avr 16:25

En septembre dernier, rejoingnant mes pénates berlinoises, je me suis dit qu'il était quand même bien triste d'habiter la capitale culturelle de l'Allemagne et de ne pas en profiter plus que cela.
Le théâtre, les ballets, les concerts... Ca fait rêver, mais la place de théâtre n'est pas exactement à portée de toutes les bourses. L'opéra, n'en parlons même pas.

 

J'ai cherché alors pendant plusieurs semaines s'il n'existait pas une offre culturelle pour les étudiants, un abonnement intéressant pour un grand théâtre, que sais-je...

 

Ce que j'ai découvert dépassait en fait mes espérances !
L'association Theater Gemeinde Berlin propose à ses membres un abonnement de 2€ par mois qui permet d'avoir des places de théâtre à bon prix (17,50€ pour les étudiants) pour presque l'ensemble de la programmation berlinoise. Grands théâtres, petits théâtres, cabarets... On peut obtenir des places à l'opéra ou pour des ballets également, pour un peu plus cher (25€).
La seule condition est d'assister à au moins 5 spectacle par an. Il faut également prendre la place plus d'un mois à l'avance (encore que les réservations de dernière minutes sont possibles, mais les places plus limitées). Les places dont dispose l'association sont réparties dans toute la salle et distribuées aux membres de manière à ce que l'on se trouve parfois bien placé, parfois moins bien, le plus équitablement possible.

 

Excusez-moi pour ces détails sans doute ennuyeux, mais cette offre me rempli encore et toujours d'enthousiasme.
Autant vous dire que je suis devenue membre illico presto...

 

 


 

 

Ma première réservation m'a entraînée en ce vendredi saint (ahhhhh.... et la messe ??? bon ben tant pis, hein...) dans le Maxim Gorki Theater pour une représentation d'une pièce de Goethe,  Iphigénie en Thauris.

 

Depuis plus de quatre ans que j'habite Berlin, c'est exactement ma troisième sortie au théâtre. J'étais excitée comme une puce. Je me suis habillée le plus dignement que j'ai pu (avec 2°C et de la pluie, ce n'est pas évident) pour me fondre dans la masse, j'ai pris un sac un main qu'on-dirait-même-pas-qu'il-a-coûté-10-euros et je suis allée sur Unter den Linden (s'il vous plaît) pour me rendre à cette magnifique représentation, en faisant semblant de ne pas remarquer que j'étais la seule spectatrice non-accompagnée (mais franchement, QUI parmi mes amis aurait bien envie d'aller voir une pièce de Goethe ???).

 

Première scène de l'acte premier, je me suis remémoré avec tristesse mes deux premières tentatives d'aller au théâtre à Berlin.
La première était une mise en scène extrèmement bizarre de Emilia Gallotti de Lessing, pièce que j'avais lue à la fac et à laquelle je n'ai pas réussi à comprendre un traître mot. Les acteurs parlaient très très vite avec des effets de voix bizarre, et de temps en temps, je captais un mot qui me permettait de voir à peu près à quel endroit on en était dans la pièce.
La deuxième représentation à laquelle j'ai assisté était une adaptation de Berlin Alexanderplatz version années 70. Il y avait des trucs qui explosaient dans tous les sens, des motos qui débarquaient intempestivement sur la scène et les acteurs hurlaient des paroles incompréhensibles. Je n'ai absolument aucune idée de ce qui se passe dans cette pièce.
C'était ma première année, vous remarquerez, et j'avais beau faire tous les jours des progrès, Lessing dans le texte était encore un peu difficile (euphémisme). Et puis là, première scène de l'acte premier, panique "OH NON MAIS JE NE COMPRENDS RIEN..."

 

J'en étais à prendre la ferme résolution de ne plus jamais essayer d'aller au théâtre sans avoir auparavant lu la pièce représentée quand a commencé la deuxième scène. Et miracle, j'ai compris qu'il s'agissait d'une demande en mariage (ouf). La troisième scène a été encore plus claire, la quatrième encore plus.
Arrivée à l'acte cinquième, j'avais tout compris, et je dégustais la piéce comme il se doit.

 

Goethe, il faut juste un peu mettre la machine en route et puis ca passe tout seul.
Ces quatre années n'ont pas été en vain.

 

 


Dans Iphigénie à Thauris, on retrouve Iphigénie qui n'est pas morte comme toute la Grèce le croit mais épargnée par le roi de Thauris (comment et pourquoi, je ne sais pas trop, c'était dans la premiére scène...) et dévouée au service de la déesse Diane (bizarre pour une Grecque, mais passons). Le roi de Thauris la demande en mariage (ha ha...), mais Iphigénie ne veut pas trahir sa race et son serment de prêtresse. Le roi lui donne alors l'alternative suivante : soit elle rompt son serment, soit elle est chargée de sacrifier deux prisonniers inconnus. Dilemne dilemne. Surtout quand elle découvre que l'un des prisonniers n'est autre que son frère Orestre, dévoré de remords d'avoir assassiné sa propre mère (qui avait assassiné son mari parce qu'il avait assassiné sa fille, Iphigénie, qui en fait n'est pas assassinée, on le sait).

 

 

Bon, l'histoire est assez simple en définitive, les enjeux clairs. Les situations sont très tragiques, les choix cornéliens, il y a de quoi faire.

 

http://www.picturesberlin.de/gorki_iphigenie/images/prevs/IPHIGENIE_TAURIS_0045.jpg

 

Le casting repose sur les deux acteurs que l'on voit sur l'image. Elle, c'est Franziska Walser. Elle joue Iphigénie, évidemment. Elle ne m'a pas énormement convaincue, même si elle déclame bien, elle n'incarne pas très bien le personnage. Enfin, je trouve. Lui, c'est Edgar Selge. Il joue tous les autres personnages. Un sacré défi dont il se sort très bien, aussi grâce à la mise en scène vraiment pleine de très bonnes idées. Une mise en scène moderne très dépuillée, minimaliste, qui joue beaucoup avec les conventions théâtrales, ce qui permet ce jeu à deux et un final superbe. On perd un peu le côté tragique voulu par Goethe, mais on s'amuse bien.

 

Le décor de scène était magnifique. Il est signé Peter Baur et Falko Herold et malheureusement, je n'ai pas trouvé d'image pour que vous vous en fassiez une idée. Il représente les différentes scènes sanglantes de l'histoire de la famille des Atrides.

 

Cela m'aura permi de rafarîchir ma mémoire sur la mythologie grecque qui était un peu rouillée après toutes ces années.

 


Mon abonnement me conduit le mois prochain voir une pièce de Bertold Brecht...
Je vous donnerai des nouvelles.

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - théâtre
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Mercredi 20 juillet 3 20 /07 /Juil 13:49

J'ai grifonné la note qui va suivre en février dernier, en pleines Berlinales, en lisant le recueil d'articles de Klaus Mann intitulé "Contre la Barbarie" (aux éditions Phébus).
La décision du gouvernement à laquelle je fais allusion faisait à ce moment la une des journaux allemands. Évidemment, maintenant, le sujet n'est plus d'une actualité brûlante, mais la situation n'ayant pas changé d'un pouce, je ne considère pas l'article comme obsolète pour autant...

 

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Le gouvernement allemand n'est pas du genre à se voiler la face et à refuser de regarder la vérité en face. Ayant pris note que le coût de la vie augmente, et à grand renfort de trompettes, il a fait un grand geste, un geste magnifique : il a augmenté les allocations chômage.

De 5 euros.

Super.

Avec ces 5 euros supplémentaires, les chômeurs pourrons s'acheter AU MOINS 5 paquets de pâtes supplémentaires, ce qui suffit largement à couvrir un mois. Voire même un pot de compote de pomme pour égayer les dimanches.

Malheureusement, l'Allemagne est remplie d'esprits chagrins qui n'ont pas apprécié la plaisanterie. Manque d'humour bien connu de la part des Allemands, peuple ingrat s'il en est. Le gouvernement s'est bien évidemment défendu.
En effet, la somme sur laquelle le gouvernement est tombé d'accord résulte d'un calcul très complexe, minutieux et précis des dépenses indispensables à un Allemand lambda (qui s'appelle Otto en Allemagne, je n'ai jamais bien compris l'origine de cette expression...). Mais attention : le strict nécessaire. Pas un centime de plus.
On ignore malheureusement quelles sont ses dépenses indispensables, le gouverment n'a pas eu l'idée de publier sa liste de courses. Une précision toutefois : les drogues ne font pas partie des "dépenses indispensables". Merci Madame la Ministre pour cette précision.

Enfin et face aux réclamations des Allemands sans humour que ces explications pourtant limpides ne satisfaisaient pas, l'argument ultime a été lâché : on ne peut pas augmenter trop sinon les chômeurs vont recevoir plus d'argent que certains travailleurs qui, eux, bossent toute la journée et se donnent du mal.
Évidemment, ce serait la porte ouverte à toutes les fenêtres, où irait-on ma bonne dame, je vous demande un peu. Le chômeur lambda n'a plus qu'à rester quoi.

À moins que... attendez... reprenons les choses depuis le début... Vous voulez dire qu'il y a dans ce bon pays des gens qui bossent toute la journée et se donnent du mal et n'ont pas assez pour couvrir les "dépenses indispensables" ?
Ah mais non voyons, là vous extrapolez, vous extrapolez...

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J'imagine un jeune chômeur, qui dépend d'un de ses proches au point qu'il doit manger sa nourriture, boire sa bière, fumer ses cigarettes. L'opinion courante voudrait qu'il soit on ne peut plus content et satisfait : il mène la belle vie sans rien faire. Mais sur son jeune visage, je vois grandir une morosité, un déplaisir qui finissent par l'assombrir complètement et ternissent ce front clair et intelligent. [...] Tous ces jeunes gens qui traînent aux coins des rues, devant les vitrines, sont, à leur manière moins spectaculaire et plus quotidienne, une accusation toute aussi éloquente contre les insuffisances de notre civilisation que les morts de la guerre mondiale sous leurs croix dérisoires. Ces derniers ont péri par la faute d'un mécanisme qui ne donne même pas autres le droit de vivre.
[...] [Cette] civilisation humilie l'"individu de masse" comme aucune autre ne l'avait fait. De nombreuses époques l'ont laissé mourir de faim, presque toutes l'ont réduit en esclavage, mais toutes le faisaient travailler. Des millions d'hommes purement et simplement exclus de la force de travail avec une évidence d'une incroyable brutalité : ce spectacle était réservé à l'ère de l'émancipation de l'individu de masse. Celui-ci a son eau courante et son droit de vote, mais reste là au milieu de ses conquêtes comme un homme mort, un morceau de viande inutilisable.


"Ne rien faire...", article de Klaus Mann paru le 19 octobre 1931 dans le "8 Uhr-Abendblatt" à Berlin

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - littérature
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Dimanche 27 février 7 27 /02 /Fév 22:06

Comme la météo est l'obsession de tout Berlinois qui se respecte, on va parler météo aujourd'hui.

 

L'année dernière était l'année de l'horreur. Donc nous sommes bien d'accord, plus JAMAIS nous n'évoquerons ne serait-ce que le souvenir de l'hiver de l'année dernière...
Discussion entre copines:
Copine Berlinoise : "Tu te souviens quand on avait fait ca et ca, l'an dernier ? C'était quand ?"
Moi: Ben, attends... "Y'avait plus de neige, j'en suis sûre... Donc ca devait être en mai."
Copine nouvellement Berlinoise : "Comment ca "y'avait plus de neige, DONC c'était en mai" ??!!!??"

 

Non, finalement, cet hiver n'a pas été très éprouvant. Déjà d'un : il n'y a plus de neige depuis janvier. C'est peut-être moins beau pour les fans de blanc à perte de vue, mais le blanc pendant 5 mois d'affilée, ca a des effets anxiogènes, parole d'honneur (de l'air, de l'air ! On avait pourtant dit qu'on reparlerait plus JAMAIS de l'année dernière !).

 

La semaine dernière a été l'une des plus éprouvantes.
Le ciel nous avait pourtant gratifié d'un joli soleil, mais l'air était si froid qu'il était impossible de l'apprécier. Et heureusement, le vent était clément, car la moindre bise déchiquetait la peau. Le froid a empiré de jour en jour...

 

... quel bonheur alors de nous réveiller ce premier jour de week-end, et d'être accueillis une fois le nez mis dehors par ce joli temps qui annonce le printemps !

 

Aujourd'hui, impossible de résister à l'invitation de cette belle journée.
Direction le lac de Liebnitzsee.

 

Lac1.jpg

À première vue, cette photo n'a rien de vraiment surprenant, alors je vous fais un zoom avant...

 

Lac2.jpg

Ce que vos yeux de non-Berlinois n'avaient pas vu :

--> Les canards (en bas à gauche) peuvent aller se tremper dans l'eau. Ca veut dire qu'un petit bout de glace A FONDU ! Mais oui, mais oui !

--> Des gens (en haut à droite) profitent de cette journée radieuse pour aller patiner sur le lac... patiner sur le lac ?... hey, mais les gens, la neige FOND !!! Mais vous êtes fous !!!!

 

Un nombre impressionnant de famille, papa, maman, grand frére et petite soeur de 4 ans, tous ensemble pour une superbe sortie de patinage sur le lac en train de fondre. Quelle formidable idée.
Mais on ne changera pas les Berlinois...

 

 

Lac3.jpg

 

Foux, mais sors de là ! Mais puisque je te dis que la glace fond ! Regarde les canards !

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Brandenburg - Barnim
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Vendredi 25 février 5 25 /02 /Fév 10:44

BERLINALES 2011, 5ÈME JOUR

--mardi--

 

Ber05.jpg

Ah bon, c'est les Berlinales ?

 

Aujourd'hui, une erreur informatique a changé les règles du jeu. Impossible de récupérer les places avant l'heure précédant le film. Toute ma tactique de la journée est à revoir. Horreur ! Malheur ! Et mes places pour LE film de ce soir ? Si jamais on me les volait ???

Cela dit, en arrivant à Potsdamer Platz à l'ouverture des guichets, je peux empocher directement un billet pour mon premier film de la journée.

C'est - encore - un film japonais.

http://www.arsenal-berlin.de/typo3temp/pics/ed98d45b23.jpg"FIT" (catégorie Forum), le film dans lequel personne n'est fit.

Ce film un peu étrange montre la folie au quotidien. Tout le monde est fou dans ce film. Du frère lourd handicapé mental, à la femme un peu folle qui aime enquiquiner les centres d'appel, à l'employé qui perd un peu les pédales, jusqu'à la jeune fille torturée par la culpabilité. Et les plus fous ne sont peut-être pas ceux qu'on croit, en tous cas pas ceux qui apportent le moins de bonheur à leur entourage.
Je suis ressortie de ce film sans trop savoir s'il était optimiste ou pessimiste. Finalement, deux des jeunes femmes, par leurs caractères respectifs, se sont rendue mutuellement la joie de vivre. Mais que faire des autres personnages ? L'employé qui essaye de donner un sens à sa vie en se déguisant en justicier (mais sans oser jamais intervenir lorsqu'il le pourrait) jusqu'à ce qu'il se rende compte que son comportement touche au dérèglement mental ?
Et la soeur, qui essaye d'épargner coûte que coûte à son frère de finir sa vie en maison d'internement ? L'aide-t-elle vraiment, où est-ce un leurre qu'elle se fait à elle-même ?
Je retiens de ce film un détail. Le jeune frère handicapé demande à sa soeur si il a le droit de ramener une fourmi à la maison. "Qu'est-ce que tu en ferais ?" lui demande-t-elle. "Je lui donnerai à manger, je l'emmènerai se promener. Je la rendrai heureuse." Le voilà qui ramène sa fourmi à la maison. Il la regarde se ballader sur la table de la cuisine. Le téléphone sonne. Le jeune homme détourne son attention. La fourmi finira enlisée dans une goutte de miel.
Ce film pose de manière intéressante la question du bonheur, et surtout du bonheur de l'autre. Mais c'est un peu trop triste.

Je suis bien obligée de manger quelque chose avant le film suivant. Mais ce que je craignais arrive. Quand je reviens de la sandwisherie, la queue devant la caisse de l'Arsenal est longue de plusieurs mètres (et les gens s'entêtent à la continuer dans les toilettes, formidablement pratique).
Et là, le miracle arrive. Une jeune fille passe dans les rangs en proposant un ticket pour le film. Son copain vient d'annuler à la dernière minute, elle cherche quelqu'un pour lui racheter le ticket. Les autres personnes hésitent. La plupart sont venues à deux et veulent par conséquent deux tickets. Si jamais en arrivant à la caisse il n'y avait plus de place pour la deuxième personne ? Ils préfèrent encore passer leur tour. Ô joie ! Moi, moi, je vais au ciné toute seule ! J'aime pas les gens et les gens m'aiment pas, donnez-moi ce ticket !
Comble du comble, comme je n'ai qu'un billet de 5€ et que la demoiselle n'a pas la monnaie : "Oh, ben prends-le gratis. C'est mon copain qui a payé, il n'avait qu'à pas me laisser en plan comme ca !" Dieu existe.

Dans la file d'attente, on papote un peu, on se rend compte qu'on était à la même séance la veille au soir, à quelques sièges l'une de l'autre, et on critique âprement les gens idiots qui posent des questions idiotes.
"Nan mais figure-toi que le mec, il a vraiment osé demander au réalisateur quel était le MESSAGE de son film !
- Nan ? Mais quel nul !
- J'te l'fais pas dire. Ces gens qui ont rien compris à l'art, alors, j'te jure...
- Le MESSAGE ? J'hallucine...
- Ouais, grave."

Bon, mais sur ce, le film commence.
Pour voir le trailer du film, je vous propose un deal : vous mettez en route la deuxième viséo pour avoir le son, mais vous regardez la première pour avoir les sous-titres, ok ? (ah les joies de Youtube...)

"Nesvatbov", catégorie Forum

Ca n'est peut-être pas évident, donc je le précise : ce film est un documentaire. Ouais ouais. Pas un film, ni un documentaire-fake, non, non. Un vrai documentaire. Le maire existe vraiment, et est légèrement obsédé par la baisse de la natalité dans sa ville. Du coup, il met en place des moyens les plus invraissemblables pour pousser les célibataires à se caser. Et je vous jure qu'à des moments, on se dit que ce type devrait être conduit devant la Cour Pénale Internationale pour atteinte à la dignité humaine. Je crois que je m'expatrierais au Canada si j'avais un maire pareil (non mais sans dec, des HAUTS-PARLEURS dans les rues avec des annonces officielles pareilles ???).

Cela dit, le film est vraiment marrant, et les gens concernés n'ont pas l'air de prendre ca trop trop mal.
C'est un regard intéressant sur la société, sur ce que les homme et les femmes attendent ou n'attendent pas de l'amour ou de la vie conjugale.

Mais finalement, maintenant que je commence à avoir un peu de recul, une chose me gêne.
Contrairement à la réaction d'une femme dans le public lors du Q&A (yeah), j'ai l'impression que - justement - on ne rigole pas avec, mais bien des personnes qui sont filmées.
Parce que les mecs désespérés sont bien pathétiques, que le maire est ridicule et a un égo surdimentionné, que les situations sont parfois affreusement gênantes, que le machisme frôle le ridicule... Mais non, je n'ai pas du tout l'impression de rire "avec".
Et du coup, ca me gêne. Un peu. Mais bon, c'était marrant.

Puis enfin le soir arrive...

Il y a deux ans, pour mes premières Berlinales, j'ai atterri par hasard à la projection d'un film de Bruce Labruce. Le film s'appelait "Otto, or up with dead people", et j'ai été séduite par ce "film d'horreur porno politique", comme les critiques aiment le qualifier (perso, je cherche encore le politique là-dedans).
Une semaine avant les Berlinales 2011, en ouvrant le programme, je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, mais j'avais un voeu : qu'il y ait un film de Bruce Labruce au programme. J'ai donc eu la bonne surprise de voir apparaître son nom... pas comme metteur en scène, mais comme sujet d'un film documentaire.
Bingo.

La salle est loin d'être comble (des 11 films que j'ai vu jusqu'ici, c'est le premier à ne pas être plein à craquer), l'extrème majorité des spectateurs sont des hommes. Qu'est-ce qui m'a tellement fascinée dans un film d'horreur destiné aux gays, à vrai dire, je me le demande moi-même.
La dame au guichet était cependant elle aussi très enthousiaste. Elle essayait de gagner toutes les personnes ne pouvant pas se décider entre les deux films de ce soir. "C'est un documentaire sur Bruce Labruce." Regard incrédule du client indécis. Ce type est censé être connu ? "C'est un réalisateur de film gays" grimace de mépris du client indécis "et donc il discute un peu de ses films ; et puis on voit beaucoup" la caissière s'emballe dans son enthousiasme "de jeunes hommes extrémements séduisants, et tout ca sur grand écran, ca vaut vraiment le coup. Mais les scènes sont très explicites, hein."
Pour ma part, c'était déjà la troisième fois de la journée que je venais au guichet quémander une place. Faudrait pas qu'on vende tous les tickets à d'autres gens que moi, sinon je mords.

(NB: La vidéo qui arrive réussit l'exploit de présenter le film en regroupant toutes les images... disons à peu près ok qu'on a pu voir dans le film ; mais malgré ca, c'est pas tout public. Vous êtes prévenus.)


The Advocate for fagdom, en concurrence (un peu désespérée) pour Panorama

"[...] instead of saying he's just a gay director, or a porn director... They really miss the point of his work !"
Le point de départ de cet amalgame est assez facile à retrouver, et une de ses actrices le décrit fort bien : aucun acteur "normal" n'accepte de jouer des scènes explicites telles qu'elles sont prévues dans les scénarios de Bruce Labruce. Par conséquent, il lui a fallu faire appel à des acteurs de films pornographiques. Et faire appel à ces acteurs, c'est se ranger définitivement dans la case "film pornographique".
Finalement, le documentaire pose beaucoup de jalons pour une réflexion sur la limite qui sépare d'un côté les films pornographiques et les films "normaux" (une question que l'on est vraiment en droit de se poser en voyant certaines scènes de films "grand public" (alors quoi ? quand y'a pas un poil qui dépasse, tout va bien, l'honneur est sauf ?)) mais d'autre part finalement entre la vie sexuelle et le reste de la vie. Sans avoir l'air d'y toucher, la question remets en cause beaucoup de mécanismes de la société qui nous paraissent évident, et qui perdent leur base lorsque l'on franchis LA limite à ne pas franchir.

Le plus important pour moi est que ce documentaire a réussi à répondre à la question que je me posais - en fait - en entrant. Pourquoi est-ce que Bruce Labruce me plaît à ce point ?
La réponse m'a été donnée par les premiers films de Bruce Labruce. Car "Otto, or up with dead people", d'après une des personnes interviewée, a marqué un changement radical dans la filmographie de Bruce Labruce. Et effectivement, en voyant quelques images de ses films précédents, j'ai tout de suite été frappée par les liens qui s'imposaient avec des tas de choses que j'adore (Virginie Despentes et son "Bye bye Blondie, et Die Ärzte, pour ne citer que ceux qui crèvent les yeux). Bruce Labruce a fait ses débuts dans le punk gay à l'époque où ces deux concepts semblaient antagonistes. Il a rejetté le queer, quand tout le monde n'a plus eu que le mot "queer" à la bouche. Sa manière de faire du politique est de rejeter le politiquement correct. Et c'est peut-être ca qui m'intéresse tant.
Un interviewé qualifiait Bruce Labruce d'"anarchiste de droite" (en francais dans le texte). Peut-être que c'est ca qui me plaît chez lui. Je ne sais pas. Je ne pense pas avoir très bien compris ce qu'est un anarchiste de droite. Tout comme je n'ai pas encore tout à fait compris pourquoi j'aime Bruce Labruce. C'est une impression qui vient des tripes.

En tous cas, je trouve formidable, à la vision d'un seul film, et un film se situant si loin apparement de ses préoccupations habituelles, d'avoir ressenti tout cet énorme bouillonnement de choses qui me rapproche de Bruce Labruce.

La jeune réalisatrice du documentaire (elle doit avoir 2 ou 3 ans de plus que moi tout au plus) se tenait devant l'écran pour le Q&A. Mon voisin a levé la main pour poser une question. "Comment se fait-il que justement vous, vous ayez eu envie de faire un documentaire sur ce sujet. Vous êtes une adorable jeune fille, vous avez l'air bien sage et réservée, on ne voit a priori pas en quoi le porno gay peut vous concerner."
La réalisatrice s'est marrée, et je me suis marrée. Ah, les gens avec leurs questions...

 

http://www.theadvocateforfagdom.com/wp-content/uploads/2010/11/affichesmall2.jpg

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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Mercredi 23 février 3 23 /02 /Fév 22:31

--Lundi--

 

Ber04.jpg

L'affiche 2011 des Berlinales : un vibrant hommage à... au... aux affiches de propagande communistes ? En plus moche.

 

12h30 et j'arrive à Alexanderplatz cette fois-ci pour mon premier film de la journée. Je n'étais pas encore sortie de Potsdamer Platz durant toutes ces Berlinales, il était temps. Dans la salle, ca sent très fort la mandarine. Ils n'avaient pas dit qu'on a pas le droit de manger ?

Mon premier film porte le doux nom de "Sekai Good Morning". Avec un titre pareil, évidemment, c'est un film japonais, et même le film de fin d'étude d'un étudiant en école de cinéma, Hirohara Satoru. Lui aussi commence par remercier bien platement tout le monde d'avoir pris la peine d'acheter un ticket et d'être venus jusqu'au cinéma pour voir SON film, pourtant si indigne de notre intérêt, etc.
Je kiffe les réalisateurs japonais, ils me font sentir toute mon importance et flattent mon égo.

http://www.phil-fak.uni-duesseldorf.de/oasien/blog/wp-content/uploads/2011/02/ballon.jpg"Sekai Good Morning!!" ("Good Morning to the world"), catégorie Forum : l'histoire d'un gamin de 16 ans qui fait tout le temps la gueule.

Pendant le Q&A (yeah), une femme a déclaré avoir eu l'impression pendant le film "d'assister pendant 1h30 à une vie complètement vide". Je n'irais pas jusqu'à dire que la vie du jeune héro est complètement vide, mais, n'ayant rien pour être malheureux, sa vie n'est pas particulièrement palpitante.
"Sekai Good Morning!!" est un film un peu expérimental, et donc un peu difficile à résumer. L'histoire n'est pas vraiment une histoire. Mon interprétation personnelle est qu'il s'agit d'une pré-quête du père. Le film se termine en effet lorsque le héro, un jeune collégien de 16 ans qui vit seul avec sa mère, déclare à cette dernière vouloir voir son père (pour la première fois semble-t-il). Sa recherche de l'identité d'un clochard qui est (peut-être) mort n'est, d'après moi, qu'une préparation à l'autre recherche qui va venir.
Le réalisateur a également éclairé cette histoire sous un autre jour. Un existe au Japon une page internet où sont répertorié tous les clochards découverts morts et dont on n'a pas retrouvé l'identité, ainsi que le contenu des objets qu'ils possédaient sur eux. Quelques objets qui suffisent à imaginer une vie entière, et qui doivent servir à leurs proches à les identifier. La démarche du jeune héro est similaire. Il découvre un clochard mort, lui prend un petit sac qu'il portait avec lui, et part à la recherche de son identité. C'est donc une sorte de transposition de ce que l'on peut éprouver lorsque l'on consulte la page internet des clochards sans identité fixe...

Je n'ai pas énormement de scrupule à vous avoir ainsi spoilé complètement ce film, que ni vous ni moi n'aurez de toutes facons sans aucun doute jamais l'occasion de revoir.  C'est là le merveilleux et le frustrant des Berlinales. On y découvre parfois des films merveilleux... sans aucun moyen de les revoir jamais.
C'est bien triste.

Une journée bien chargée plus tard, et après la réunion scoute, à 21h, il n'est pas trop tard pour voir un film !
23h, donc, de retour à Potsdamer Platz, et le deuxième et dernier film de la journée commence.

http://reihesieben.de/wp-content/uploads/2011/02/AufDerSuchePoster.jpg"Auf der Suche" ("Looking for Simon"), catégorie Forum : le titre original signifie "À la recherche"... mais à la recherche de quoi ? (pas sûr que "Simon" soit la bonne réponse)

Une sensation étrange pendant ce film. L'impression d'être parfaitement chez moi. L'histoire se passe à Marseille, où le jeune Simon (décidemment), un Allemand d'une vingtaine d'année, est venu vivre. Mais durant toute cette histoire, nous ne verrons pas Simon. Car Simon a disparu. Ou alors il est en vacances, comme s'acharne à le dire à sa mère l'ex-petit ami de Simon, un francais parti vivre à Berlin. Une mère qui vient d'Allemagne, un francais qui vient de Berlin, du francais, de l'allemand, de l'anglais, la Méditerranée, je suis chez moi, c'est évident.
Pendant tout le film, nous suivons donc la mère et l'ex de Simon dans leurs recherches. La prise de conscience de la mère sur le peu qu'elle sait, en fait, de son fils, elle qui pourtant lui téléphone régulièrement, entraîne une très belle réflexion sur la distance entre parent et enfant, et sur le dilemne de cette distance : personne ne le souhaite, mais le distance est inévitable.
Durant le Q&A, un spectateur a réagit à cette problématique de manière sceptique. "Pour moi, ce n'était pas tellement la question du film. Parce que la distance parent-enfant est tout à fait normale, lorsque l'enfant atteind la vingtaine." Pour lui, évidemment, le coeur du problème était l'homosexualité du fils, que la mère n'accepte pas, blabla. Évidemment, la sexualité, c'est un sujet vachement snob et donc méga intéressant. Mais bon, je ne suis pas d'accord. Que la distance soit normale ne veut pas dire qu'elle ne pose pas problème. C'est là justement tout l'intérêt. Surtout si c'est le réalisateur même qui le dit...

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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Mercredi 23 février 3 23 /02 /Fév 13:19

-- dimanche --

Pas le temps de petit-déjeuner, je cours à Potsdamer Platz au CinemaxX. J'arrive à 9h40. Les guichets ouvrent à 10h, la queue est déjà longue. Lodi profite des 30mn suivantes pour téléphoner à droite, à gauche, régler quelques problèmes scoutesques (mes jeunes doivent faire le service à un anniversaire, une jeune s'est désistée, il me faut lui trouver un remplacant de dernière minute). 10h10, je prends mes 3 tickets de la journée (tout ce que je veux voir est au CinemaxX aujourd'hui, ca me facilite grandement les choses).
Il n'est que temps, le 1er film commence. Diantre, et je n'ai toujours pas pris de petit déjeuner ! Ouf, j'ai deux cookies qui traînent encore dans mon sac de la veille. Scrouch, scrouch, scrouch. Ah ? On a pas le droit de manger dans les salles ?

http://i.zdnet.com/blogs/zdnet-youtube-life-in-a-day.jpgLife in a day, un "documentaire" en concurrence dans la catégorie Panorama.

Une fois le film terminé, j'aurais pu courir à Alexanderplatz pour un autre. Mais c'était tout simplement impossible. Il m'a fallu deux bonnes heures pour me remettre un tant soit peu de ce film.

Le projet "Life in a day" a été lancé sur Youtube par Ridley Scott et Kevin Macdonald. Le 24 août dernier, les personnes du monde entier étaient invitées à filmer leur journée, dans toute sa banalité et sa beauté. Une centaine de caméras ont été envoyées dans des régions pauvres pour l'occasion, afin de permettre également à ces anonymes-là d'immortaliser leur journée du 24 août, un samedi banal sur Terre.
Pendant ce film, j'ai rit, j'ai fait des sourires de bonheur béat, j'ai pleuré. Ce film m'a réconcilié avec l'être humain. Jamais aucun film professionnel n'aurait pu montrer à quel point tous les êtres humains sont égaux, et à quel point chaque être humain est unique.
Quand j'ai vu la description du film, je me suis dit : pourquoi pas ? Mais jamais je n'aurais imaginé que le résultat atteingne de telle dimensions. La réussite revient en grande partie à l'équipe de montage, dirigée par Joe Walker qui a fait un travail d'une beauté époustouflante. Il n'y a pas une scène de trop, pas un mot qui sonne faux.
Joe Walker est d'ailleurs venu faire un "Q and A" (Question and Answer, pour ceux qui speackent pas les Berlinales) à la fin.
Heureusement, avec un sponsor comme Youtube, le film va sans doute être accessible partout d'ici quelques mois. Un petit highlight parmi d'autre : un petit gamin du Mexique, une huitaine d'année. Nous le suivont dans les rues où il est cireur de chaussures. À la fin de sa journée, rentré dans ce qui lui sert de maison, le cameraman lui demande "qu'est-ce que tu aimes le plus ?". Le gamin parle de son père, grâce à qui il peut manger tous les jours. Et il présente à la camera un drôle d'ordinateur en plastique. "Et j'aime mon ordinateur. Sur Wikipedia, il y a tout: des histoires, des pays, des mathématiques..."
Ca laisse sans voix.

Ce n'est qu'en fin d'après-midi, à 19h30, que je passe au film suivant.

http://vaterlandsverraeter.com/core/wp-content/uploads/2011/01/paulgratzik.jpgPaul Gratzik, le "gros méchant" du film "Vatterlandsverräter", dans la catégorie Perspektive deutsches Kino.

"Vatterlandsverräter", voilà un titre bien dur, et qui signifie quelque chose comme "celui qui a trahi sa patrie". On pense à Wallenstein, à Duval, à des horribles méchants dictateurs... Or Paul Gratzik est un écrivain. Juste un écrivain ? Annekatrin Hendel, la réalisatrice, a réussi à s'approcher de cet homme un peu bizarre et à recueillir ses confidences. Et celles de ses proches. Mais au final, l'ensemble est extrèmement confus. On termine le film en se demandant qui était vraiment ce Paul Gratzik.
Paul Gratzik était un (horrible méchant) IM. Un IM, ce sont ceux qui ont "collaboré" avec la Stasi, le service de renseignement de RDA (comme dans le superbe film "La vie des autres"). On les aime pas du tout en Allemagne, surtout en ce moment. Des tas de scandales ressortent, et souvent, on préfère même ne pas aller rechercher dans les archives (ouvertes à tous) si on n'a pas été, à l'époque, espionné par un voisin ou un ami. Or voilà, Paul Gratzik était un IM.
Il y avait beaucoup de choses très intéressantes dans ce film, qui permettent également de relativiser les choses. Être IM, quand on était un personnage semi-officiel, c'était difficile de passer à côté. Au final, en recherchant bien, tout le monde espionnait tout le monde, tout le monde était IM, et tout le monde était victime. "Quand je pense qu'ils ont fait marcher une dictature avec... cette merde !" dit une ancienne compagne de Paul Gratzik devant la caméra en découvrant les rapports que son amant avait rédigés à l'époque sur elle. C'est exactement ca. Une grosse grosse merde.

Mais au bout d'un moment, la merde, ca lasse un peu. Et les IM, j'en bouffe un peu trop tout le temps, je commence à fatiguer. Même si il est évident qu'on ne peut pas comprendre le traumatisme des Allemands de l'Est sans comprendre ce qui s'est passé à l'époque.
Et cela peut aussi nous servir d'avertissement pour les régimes politiques à venir.

La journée va se terminer par une séance plus que tardive. C'est un film japonais au titre prometteur.
"Vampire".
Miam.

Mon voisin n'applaudit pas la montée du réalisateur sur scéne. C'est un vrai snob des Berlinales, il n'applaudit pas sur commande. Le film doit gagner ses applaudissements par une vraie performance artistique. Il a ôté ses chaussures pour avoir son corps en communion avec le sol du cinéma et laisser le film monter en lui par la plante des pieds.

Le réalisateur me plaît, à moi. J'applaudis. Il n'arrive pas à commencer une phrase, parce qu'il lui faut s'incliner devant chaque spectateur individuellement, ce qui prend du temps.
Un mot d'introduction ? "Oh... heu... oh... I... hu... thank you that you choose to watch my movie."
Vous avez déjà vu un réalisateur européen remercier le public d'avoir choisi d'aller à sa séance plutôt qu'à celle d'à côté ?
Ce mec me plaît.

http://wordpress.p136020.webspaceconfig.de/wp-content/uploads/2011/02/iwai-shunji-vampire-300x211.jpgUn film (très) contemplatif sur le sang : "Vampire" de Iwai Shunji, catégorie Panorama.

Simon semble un homme comme les autres (sauf que l'acteur est quand même vachement beau, mais passons), mais il dépend du sang des autres pour vivre. Toujours à la recherche de réserves de sang, il aborde des jeunes filles qui veulent se suicider pour leur proposer sa méthode "douce".
"Vampire" est un film contemplatif, où on prend son temps. De beaux instants de vie. Beaucoup de poésie, mais la réflexion sur le suicide reste finalement superficielle. La réflexion est à mes yeux plutôt esthétique. Une belle réflexion sur le sang : le sang qu'on prend, le sang qu'on donne. On échange beaucoup de sang dans ce film.
Et au final, celui qui donne la mort va sauver pas mal de vies...

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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