Dimanche 11 janvier 2009
(allez, un petit effort, la vidéo n'est certe pas sous-titrée, mais y'a pas beaucoup de texte)

Mais qui nous décoche ce grand sourire étincelant ? Ma parole, mais oui, c'est Farin en personne !
Et non, vous ne rêvez pas en 1:13, c'est bien la star nationale, Nena en personne, qui est l'invitée extraordinaire de ce merveilleux film.

Qu'est-ce donc que "Richy Guitar" ? Il s'agit d'un film "culte" (selon la quatrième de couverture) des années 80, ayant pour acteurs principaux... les membres de Die Ärzte en personne, mais oui, mais oui, vous ne rêvez pas.
Très sincèrement, l'idée même de voir pendant une heure et demi la bouille de Farin quand il avait encore ses dents de lait (en fait, 21 ans, car le film date de 1983) suffisait tellement à faire mon bonheur, que j'ai été agréablement surprise. L'intrige se résume sur un timbre poste, et leur prestation d'acteurs n'est pas extraordinaire... mais pas pathétique non plus. Dans le fond, le grand atout de ce film, c'est d'être sans prétention.

Un deuxième grand intérêt est qu'il dépeind à mon avis très bien ce que pouvait être la vie courante dans les années 80 à Berlin ouest. Les petits boulot, la récup, les coiffures punk, les tapisseries à fleur, les immeubles insalubres, les milles et un petits tracas matériels et amoureux, les concerts, la police (rabat-joie, mais jamais bien méchante), les blagues entre potes.
La vie toute bête quoi.
Sympathique, ce film, je vous dis.

Enfin, ce film, c'est l'occasion de faire un peu plus connaissance avec les membres du groupe.

On commence en toute objectivité par Farin, qui ne s'appelle d'ailleurs pas encore Farin (j'ai eu un moment d'angoisse en ne voyant pas paraître son nom de scène au générique de début). Non pas parce que c'est mon chouchou à moi (quoi que...), mais tout simplement parce que c'est le personnage principal de l'histoire.
Oui, oui, une heure et demi avec Farin filmé sous tous les plans. Il est génial, ce film, je vous dis.
Farin est le guitariste / chanteur / compositeur du groupe.
Certains lui reprochent d'avoir un peu la grosse tête, et d'avoir à plusieur sreprises failli détruire le groupe pour faire sa carrière solo. C'est d'ailleurs exact que depuis un an, Farin est en tournée solo, et que Die Ärtze, par conséquent, plus personne n'en entend parler.
Farin, c'est LE punk du groupe. Un punk résolument "Straight Edge" d'ailleurs (pour les spécialistes du genre), antialcoolique, antitabac, grand spécialiste des chansons d'amour et des chansons absurdes. Un punk quoi.
ET ET ET... il a étudié à la FU. A dix pas de mon bâtiment, en archéologie. Et oui, et oui !

(si, si, une heure et demi comme ça, je vous dis...)
NB : en 1:43, une imitation de Hitler... qui bizarrement passe très bien (c'était pourtant prendre un risque, on ne plaisantait pas avec ce genre de choses à l'époque ; mais Farin n'en fait ni trop ni pas assez)
NBbis : en 2:34 regardez-la bien parce qu'elle est déjà finie : c'était LA scène d'action du film... ouh ! Très réussie, d'ailleurs, comme vous pouvez le constater.

En deuxième arrive celui qui fait frémir toutes les midinettes d'Allemagne... j'ai nommé le Grand Bela !
Bela est un mythe à lui tout seul. Dans le groupe, il est batteur / chanteur / compositeur, très célèbre d'ailleurs pour ne jouer que debout. Mais en dehors de ça, il a joué dans un nombre incroyable de films (pas un dont j'ai ne serait-ce qu'entendu parler, mais enfin...), et prête aussi sa voix dans beaucoup de livres audios.
Parmi ces films, et ces livres audios, il est souvent question de vampires, son sujet de prédilection. D'une manière générale, tous les textes morbides de Die Ärtze ont été écrits par lui. Mais chez lui, c'est toujours très très très second degré, ce qui en fait un personage en fait extrèmement sympathique. Le croisement réussi entre un gothique et un punk.
Un peu mystérieux, avec un air posé et réfléchi, le sourire rare, Bela est le chouchou incontesté de ces demoiselles. C'est d'ailleurs un peu la seule chose qu'on arrive à lui reprocher.


Die Ärzte étant un trio, vient maintenant tout logiquement le troisième membre du groupe.
Il s'appelle Sahnie, et je découvre pour la première fois son nom et son visage. Sahnie est un personnage étrange. Il apparaît à peine dans le film, et comme vous le verrez dans sa vidéo, c'est celui qui fait tout le temps la gueule et énerve tout le monde contre lui. Tout le monde le déteste cordialement, et pas seulement dans le film.
Sahnie était bassiste dans le groupe, et également dans celui des Toten Hosen (un autre grand groupe de punk allemand, très très connu). Il a coécrit une poignée de textes, chanté dans deux morcaux tombés dans l'oubli. Il a fini par se faire éjecter du groupe (en 85), et - comme je le disais - tout le monde le déteste (la fille qui a créé les trois vidéos s'excuse même en commentaire d'en faire une sur lui, c'est pour dire).
Etrange personnage, donc.

NB : On note d'ailleurs que contrairement aux deux autres, la musique de fond, ce ne sont pas "ses" morceaux, mais bien des morceaux écrits plus tard et qui font très clairement référence à lui (voire carrément insultants).
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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Dimanche 11 janvier 2009
Cet été, Peter Fox, le chanteur emblématique de Seed (un groupe dont j'ai déjà parlé) fait un peu sensation en sortant un premier titre solo.
Avec sa bonne tête d'allemand, je me demande si le Peter Fox ne serait pas d'ailleurs un peu français sur les bords, car son vrai nom est Pierre Baigorry, ce qui ne sonne pas positivement teuton...

Toujours est-il qu'on se met à entendre du matin au soir à la radio son single, "Alles Neu" (qu'on emploie couramment pour dire qu'il faut tout reprendre à zéro, du passé faisons table rase, etc.), une chanson très rythmée, un clip assez osé, le tout pas mal fichu du tout. On peut lire les paroles de la chanson comme une volonté d'affirmer son identité (en dehors de Seed, je présume), de donner un peu son "programme". Bref, Peter Fox annonce qu'il va faire parler de lui "sur la scène allemande".
Et ça se laisse écouter.
Avec, en toile de fond, le quartier de Kreuzberg (je reconnais quelques tags qui sont connus dans tout Berlin, mais même sans ça il fallait s'en douter), qui est d'ailleurs le quartier où il vit.

Un peu plus tard en été, son deuxième single, "Haus am See" ("maison au bord du lac") fait lui aussi un carton monstrueux.
Personellement, la chanson ne m'emballe pas des masses : je préférais de loin le punch du premier single, et cette méditation idillque sur sa maison au bord d'un lac me parle très peu.
Un vrai berlinois devrait pouvoir identifier de quel lac il est question ici, je suppose. L'orchestre, lui, se trouve en tous cas sur les quais de la Spree, devant le Berliner Dom ( la "cathédrale" protestante de Berlin).
Dans ce clip, apparaît assez clairement que Peter Fox souffre d'une semi-paralysie du côté droit (comme le héro de Crazy, tiens !). C'est un peu notre Grand Corps Malade... :)

Ce matin en me levant, j'apprends la sortie à la radio d'un troisième single. Après avoir cherché un peu, je suppose qu'il s'agira de "Schwarz zu Blau" ("Noir sur/rapporté au bleu", qui d'après les commentaires "parle de lui même"... j'en déduis donc qu'il y a une connotation qui m'échappe, et je demanderais à l'occasion à un vrai berlinois de m'expliquer).
Peter Fox devrait en tous cas représenter Berlin dans une sorte d'Eurovision allemand, le Bundesvision Song Contest, qui aura lieu cette année le 13 février (et qu'il avait déjà gagné d'une certaine manière en 2007, puisque c'est Berlin qui avait gagné cette année-là avec "Ding" du groupe... Seed).
Je pense que la chanson ne séduit pas immédiatement, parce que le côté rap prend le pas sur le côté reggae.
Mais je suis personnellement complètement fan, parce que les paroles sont magnifiques. Peter Fox décrit en effet Berlin au petit matin, sans doute un dimanche matin d'ailleurs, sans doute à Kreuzberg (en tous cas dans un quartier "multiculti" comme on dit ici), alors que la jeunesse berlinoise rentre se coucher, que les esprit sont échauffés, que des bagarres éclatent, qu'il fait froid et gris, que les souris courent entre les voitures. Bref, une chanson gueule-de-bois où on lit une fascination-répulsion pour la ville de Berlin. Enfin bref, c'est magnifique, j'adore.

"Bonjour Berlin
Tu peux être si laide, si sale et grise,
Tu peux être si vachement horrible, (jeu de mot sur schön = beau/vachement)
Tes nuits me bouffent,
C'est encore ce que j'ai de mieux à faire
Je rentre à la maison et je dors un bon coup
Et pendant que je marche le long de tes rues
Du noir vient lentement se mêler au bleu (???)

Je suis naze, et je me frotte les yeux et ta poussière (en vrai, le jeu de mot est très joli)
Tu n'es pas belle, et tu le sais
Le panorama craint
Même de loin, tu n'est pas belle
Mais le soleil se lève, justement
Et je sais que, que je le veuille ou non
J'ai besoin de toi pour respirer."
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - musique
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Jeudi 18 décembre 2008
In der heutigen Welt ist Alles Bewegung. Rasende Bilder im Fernsehen sorgen für rasch wechselnde Bedürfnisse des Verbrauchers. Man nennt sie „Werbespot“. In der Werbung wird gelacht, getrunken, gelaufen, geplaudert. Es wird einfach gelebt, mit viel Bewegung.

Beim Werben handelt es sich ursprünglich eher um das Drehen. Das althochdeutsche Wort „hwerban“ bedeutet „sich drehen“, und deswegen ist eigentlich die Werbung mit dem Wirbel verwandt. Nicht dass ich damit meine, die Werbung sei die Wirbelsäule unserer Gesellschaft, nein... aber viel Wirbel um sich herum macht sie allerdings schon. Es bleibt dabei: „werben“ bedeutet urprünglich „sich drehen“.

Der Sinn des Wortes dehnt sich allmählich auf die Bedeutung von der Bewegung aus. Der Werber ist ein Mann der Tat, er handelt – und trinkt anscheinend viel Wein, wie uns dieses Gedicht aus den Deutschen Weisheiten von Petri es beweist:
„Trinck wein vnd werb,
trinck bier vnd verderb,
trinck wasser vnd sterb:
so ist besser wein getruncken vnd geworben
den wasser getrunken vnd gestorben.“
Werben ist also eine Tätigkeit, und das auch im beruflichen Sinn. Man kann sie ausüben, genau sowie man ein Gewerbe ausübt – das natürlich etymologisch den selben Ursprung hat.

Da der Mensch zwar lebendig aber auch hauptsächlich faul ist, ist der Begriff von Bewegung dem von Mühe nie sehr weit entfernt. Man gibt sich Mühe, ein Gewerbe auszuüben. Damit der sogar im Mittelalter nicht uneigennützige Mensch handelt, muss es sich auch für ihn lohnen. Nach und nach nähert sich also der Sinn von „werben“ der Bedeutung von „nach etwas streben“. Wenn man etwas unbedingt haben will, bemüht man sich auch, und geht zum Beispiel zum nächsten Supermarkt, um sich Soda zu besorgen, nach dem die Werbung uns dazu überredet hat, dass wir streben. Wer einen Beruf will, muss sich auch Mühe geben, um zu zeigen, dass er für die Stelle der Beste ist: Das nennt man jetzt „sich bewerben“. Von „Gewerbe“ zu „Bewerben“ hat sich der Handler in einen Arbeitlosen verwandelt. So erbarmlos ist eben die Wirtschaftskrise...

Aber was ist denn wert, dass man(n) sich dafür bemüht ? Na, Frauen, natürlich – vor allem, wenn man schön viel Wein getrunken hat. Das ist nicht von gestern: die Beschreibung des „glänzende[n] ritter, der im werbeturnier um das schöne schlosfräulein Brunhild alle andern recken in den sand streckt“ kann man schon aus der Feder von Wackernell lesen. Das Verb „werben“ verwendet man zu dieser Zeit vor allem, wenn es um die Hand geht: „Schwestern, rathet mir ! man wirbt um meine hand !“ (Goethe). Wie viel Werbung muss der Bewerber für seine Person machen, um die Einwilligung des schönen Weibs zu erobern !

Aber die Werbung ist wirklich entstanden, nicht um Frauen zu überreden, sondern Männer. Frauen sind nämlich nicht so beeinflussbar, und lassen sich nicht von schönen Reden und gut aussehenden und im Fernseher posierenden Männern heiraten (oder doch ?). Männer hingegen lassen sich überzeugen, auf das eigene Leben zu verzichten, und ins Feld hinauszuziehen. Denn die erste Form von Werbung war tatsächlich die, die der seinen Werbepatent schüttelnde Werbeoffizier machen musste, um Rekruten für die Armee zu finden. Dafür muss man wenigstens in der Werbebranche tätig sein, und gute Argumente zu finden. Obwohl sich die ganze Sache meistens – wie bekannt – durch viel Wein Trinken erledigen läβt... die ganz alte Geschichte im Endeffekt !
„Vorwärts – einen werbetrunk
Aus den vollen krügen !“
(Rilke)

Bewegung bleibt demzufolge der Kern des heutigen Lebens. Es heiβt also: in Bewegung bleiben ! Wer sich voll betrunken auf das eigene Bett fallen läβt, und einschläft, hat das Wettbewerb verloren.



La publicité (NB : werben = faire de la publicité ; Werbung = la publicité)

Dans le monde qui est le notre, tout est mouvement. Des images défilant à toute allure sur nos écrans ont pour charge de créer au consommateur des besoins se renouvellant à toute allure. On appelle cela la publicité. Dans la publicité, ça rigole, ça boit, ça court, ça discute. En un mot, ça vit, et avec un maximum de mouvement.

En fait, faire de la publicité c'est plutôt à l'origine une question de tournure. Le mot vieux-haut-allemand „hwerban“ signifie „se tourner“, et c'est pourquoi la publicité est aparentée au tourbillon (NB : publicité = Werbung ; tourbillon = Wirbel). Pas que j'entende par là que la publicité est la colonne vertébrale de notre société, non... (NB : colonne vertébrale : Wirbelsäule) mais qu'elle fasse beaucoup de remous autour d'elle, c'est indéniable. (NB : faire du remous = Wirbel machen) Mais c'est entendu : „werben“ signifie en premier lieu „se tourner“.

Le sens du mot s'étend peu à peu à l'idée du mouvement en général. Le "Werber" est un homme d'action, il agit - et boit apparemment beaucoup de vin, si l'on en croit ce poème extrait des Sagesses Allemandes de Petri:
„Trinck wein vnd werb,
trinck bier vnd verderb,
trinck wasser vnd sterb:
so ist besser wein getruncken vnd geworben
den wasser getrunken vnd gestorben.“
(Bois du vin et agis / bois de la bière et esquinte-toi / bois de l'eau et meurs / le vin bu et tourné est meilleur / que l'eau bue et morte OU boire du vin et agir est meilleur / que boire de l'eau et mourir)
Werben, c'est donc une activité, et ce également dans le sens d'un métier. On peut l'exercer, tout comme on exerce un métier - qui a naturellement la même origine etymologique. (NB : métier = Gewerbe)

Comme l'homme est certe vivant, mais essentiellement paresseux, l'idée de mouvement n'est jamais bien éloignée de celle de la fatigue. Il est fatiguant d'exercer un métier. Pour que l'homme qui, bien que moyennâgeux, n'en est pas plus altruiste pour autant se remue, il faut que ça en vaille la peine. C'est pourquoi peu à peu le sens de „werben“ se raproche de l'idée d'„avoir envie de quelque chose“. Lorsque l'on a absolument envie d'une chose, on se remue, et on va par exemple jusqu'au supermarché pour s'acheter son coca, une fois que la publicité nous a bien persuadés que nous en avions une envie impérieuse. Celui qui veut un travail doit lui aussi se remuer, et montrer par exemple qu'il est le meilleur candidat pour remplir un poste donné : c'est ce qu'on appelle „postuler“ (NB : postuler = bewerben). De „Gewerbe“ à „Bewerben“, notre homme d'action est devenu un chômeur. La crise économique est vraiment sans pitié...

Mais q'est-ce qui est donc digne que l'on se donne de la peine pour l'avoir ? Et bien les femmes bien sûr - surtout quand on a bu beaucoup de vin (NB: jeu de mot sur man/Mann, selon la lecture "qu'on se donne de la peine" ou "qu'un homme se donne de la peine", oui, je suis une grande comique). Ca ne date pas d'hier : on trouve déjà sous la plume de Wackernell une description de ce „glänzende[n] ritter, der im werbeturnier um das schöne schlosfräulein Brunhild alle andern recken in den sand streckt“ (cet étincellant chevalier, qui dans un tournoi
(Werbeturnier) pour la belle demoiselle Prünhild étend tous les autres chevaliers dans le sable". Le verbe „werben“ est alors surtout employé pour demander en mariage. „Schwestern, rathet mir ! man wirbt um meine hand !“ (Goethe) (Soeurs, conseillez-moi ! Quelqu'un demande ma main !). Que de publicité il faut faire autour de sa propre personne pour emporter le consentement de la belle !

Mais la publicité n'est pas apparue pour persuader les femmes, mais bien les hommes. Les femmes, en effet, ne sont pas si facilement influençables, et ne se laissent pas épouser sur de belles paroles par un grand brun ténébreux prenant des poses à la télévision (quoi que...). A l'inverse, on peut persuader un homme de renoncer à sa propre vie et d'aller sur le champ de bataille. Car la première forme de publicité, c'est celle que le Werbeoffizier (NB : oficier chargé de lever des recrues dans les villes) agitant à bout de bras son Werbepatent (NB : ordre de mission du Werbeoffizier) devait faire, pour enrôler de nouvelles recrues dans l'armée. (NB : encore de nos jours werben = racoler). Pour cela, il faut effectivement au moins travailler dans la publicité (NB : Werbebranche) et avoir de bons arguments. Encore que cela se règle en général - et le fait est bien connu - en buvant beaucoup de vin... Toujours la même histoire en définitive !
„Vorwärts – einen werbetrunk
Aus den vollen krügen !“
(Rilke)
(En avant - du vin de racolage à grands pichets !)
Le mouvement est par conséquent resté le centre de la vie contemporaine. Le mot d'ordre : restez en mouvement ! celui qui se laisse tomber saoul sur son lit et s'endort à perdu le concours ! (NB : concours = Wettbewerb).
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - mots
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Mercredi 17 décembre 2008
Aujourd'hui je vais vous présenter mon adjectif/adverbe (oui, c'est la même chose en allemand) chouchou.

On va parler de KNACKIG.

D'alleurs c'est simple, vous dites "knackig", et vous avez tout de suite un grand sourire aux lèvres. C'est merveilleux.

Oui, il s'agit ici de la première acception de knackig, dans sa fonction d'adverbe d'adjectif (oui, ça devient compliqué) "knackig frisch". En gros, une pomme, quand c'est "frisch", c'est frais, et quand c'est "knackig frisch", c'est que vous avez envie de lui croquer sa peau toute reluisante de beau soleil printanier pour vous délecter du jus de pomme qui vous dégouline sur le menton.
Ca se dit aussi pour le pain bien croustillant, tout frais qui sort de chez le boulanger, limite qu'on prend pas le temps de sortir le nutella tellement qu'on en a envie de ce petit pain.
Miam.

A part "knackig frisch", la grande expression vedette, c'est "kurz und knackig", soit "court et croustillant" (en admettant que l'on aie traduit précédemment par "croustillant"). Ca veut dire "pour faire court", ou sans faire de chichi.
C'est une expression très à la mode en ce moment. Ca a un petit côté un peu gamin, un peu espiègle, allez, je vous la fait kurz und knackig pour cette fois, pif-paf-pouf-benis-la-bouffe.

En dehors de ces deux cas, knackig s'utilise surtout - tenez vous bien - ... pour parler des fesses. Car les fesses sont knackig, figurez-vous.
J'en profite pour faire une petite disgression sur les fesses.

--- début de la digression ---

Pour parler du derrière, vous avez l'équivalent exact en allemand : der Hintern. Seulement, si "derrière" a un côté un peu marrant, "Hintern" ça fait très médical, et ça donne franchement pas envie. Limite, avec tous ces "n" et ces "r", vous voyez déjà les bourelets de cellulite... Bref, Hintern, c'est pas folichon.

D'ailleurs personne ne l'emploie. On utilise bien plus courament Po pour parler des fesses (ces dernières sont d'ailleurs des Powangen, soit des "joues du Po"), éventuellement de Popo (mais je crois que c'est un peu plus vulgaire, Popo, ou alors vraiment à destination des bébés).

Enfin, bien sûr, quand on est pas poli, on parle volontiers de Arsch... mais nous sommes tous ici des gens bien élevés, et nous allons donc fermer là la parenthèse.

--- fin de la digression, merci de votre attention ---

Le truc trop must-have en Allemagne, pour une fille (et pour les hommes aussi), c'est d'avoir un knackigen Po.
D'ailleurs, un knackigen Po, rien qu'à le dire, c'est trop mignon. C'est tout rebondi et pétillant de santé, et ça fait "clac" quand on tape dessus (d'ailleurs, je vous laisse deviner l'origine étymologique du mot "knackig", c'est pas dur à trouver).
Vous avez partout des cours de gym pour votre Po (y'a même une petite annonce sur le panneau d'entrée du presbythère, si, si), histoire qu'il devienne bien knackig.
Après, bien sûr, si vous allez voir du côté du knackigen Arsch, vous avez plus de chance de tomber sur des démonstrations de cours de gym interdites aux moins de 18 ans. Mais on a déjà dit que Arsch, c'était pour les gens pas polis, et nous sommes tous des gens très polis ici.

Le pain, les pommes et les fesses, en gros, vous voyez l'idée ; c'est rond, c'est mignon et ça donne envie.
C'est pour ça que, à la place des très habituels "croustillant" et "croquant" que donnent les dictionnaires, je propose comme traduction universelle pour knackig celle de "à croquer".

Bon sur ce, je vous laisse, je vais allez à mon cours de fitness...
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - mots
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Mardi 16 décembre 2008
Nous sommes en plein période de Noël, et c'est donc le moment où jamais de s'empiffrer des ces sympathiques biscuits à la canelle en forme d'étoile.

Il vous faut :
- 3 blancs d'oeuf
- 250g de sucre en poudre
- 1 c.c. de canelle
- 200g de poudre d'amande
- 250g de poudre de noisettes
(faudra d'ailleurs un jour que j'essaye un jour avec de la farine à la place)

Monter les blancs en neige, rajouter le sucre, et mettre 3 c.s. de cette préparation de côté.
Faire la pâte en mélangeant avec le reste des ingrédients.
Etaler la pâte (environ 1 cm d'épaisseur) et découper les étoiles à l'intérieur.

Votre four préchauffé à 130°, enfourner les étoiles que vous aurez badigeonnées avec ce que vous avez mis de côté.
Cuire 25mn. La pâte doit être légèrement humide encore lorsque vous sortez les étoiles du four.

Moi et les oeufs en neige, ça fait quatre, et d'ailleurs j'ai pas de rouleau à pâtisserie.
Mais par contre, j'adore manger des étoiles à la canelle (non, non, maman, ceci n'est PAS un message subliminal).
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Lundi 15 décembre 2008
J'avoue que c'est un peu déroutant quand en plein milieu d'un cours de linguistique, un prof vous sort que telle ou telle chose est un peu salopp. On regarde autour de soi pour voir un peu la tête que font les autres. Mais non, ça n'a pas l'air de les déranger plus que ça, ils continuent de regarder le professeur avec (plus ou moins d') attention.
Pas même un ricanement anonyme du fond de la salle... Les cancres allemands ne sont vraiment pas drôles.

Quand c'est un chef scout qui s'y met, devant les petits louveteaux qui plus est, on se dit que quand même, Baloo, il pourrait surveiller son langage...

Mais bien sûr, on a tout faux.
Parce que salopp signifie tout simplement "lâche". On peut donc tout à fait avoir des vêtements salopp ("négligés", voire dans le style "négligé-chic"), se comporter salopp (de manière nonchalante), et on prévient souvent son public que ce qu'on va dire est salopp ("grosso modo", c'est à dire qu'il s'agit d'une approximation).
Bien évidemment, ce mot vient du français, mais du salope qui voulait dire "sale" et qui a formé le mot "salopette". Ne me demandez pas comment de la notion de "sale", on est arrivé au "négligé-chic"... Ça, c'est toute la magie de l'évolution des langues !

En linguistique, le terme de salopp est très employé, car c'est ainsi qu'on désigne le langage relâché, c'est à dire pas vraiment très adéquat quand on fait un discours devant le Bundestag, mais enfin, pas vraiment familier non plus. Des tas d'expressions sont donc salopp, sans être infréquentables pour autant.
Le problème, c'est que salopp n'étant lui-même pas du tout salopp, il peut vraiment débarquer au détour de n'importe quelle phrase, et pour peu qu'on soit d'humeur joyeuse à ce moment-là, ça peut déclencher des fous-rires inapropriés.

Et, bien évidemment, sinon les langues ne seraient pas des systèmes aussi passionnants, ce que je viens de dire est à la fois vrai... et faux.
Car si vous tapez "salopp" sur google, vous pourrez constater que son emploi le plus fréquent est celui de l'expression "salopp gesagt", qui veut dire "pour le dire crûment", et introduit donc le plus souvent une phrase d'un registre sacrément familier.
Je vous laisse faire le test (et ne me la faites pas genre bah-mais-je-sais-pas-parler-allemand : vous voyez le "scheiss" qui apparaît à côté une fois sur trois ?... ben voilà :-) ).
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - mots
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Dimanche 7 décembre 2008
J'ai failli avaler de travers mon dentifrice hier soir en entendant cette chanson à la radio.

Ils ont osé faire un truc pareil...

(bon, après plusieurs écoutes, j'arrive à faire un peu abstraction du "für immer jung" et c'est pas absolument nul, faut l'avouer).
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - musique
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Vendredi 28 novembre 2008

En ce beau début d'après-midi, je donnais naïvement rendez-vous à ma cousine au Sony Center, "devant la fontaine"...

... sans me douter que celle-ci serait déjà transformée en support géant pour décoration de Noël.


Et oui, car dimanche commence le temps de l'Avent. Et attention, si en France, vous arrivez rarement à trouver trois personnes de votre entourage qui savent ce que c'est que ce truc, ici, en Allemagne, le "1. Advent", on l'attend avec à peu près autant d'impatience que la St Nicolas.

Et c'est donc tout le Sony Center qui s'est transformé en forêt de sapins radioactive (c'est à peine si on arrive encore à accéder à mon café fétiche l'Alex, regardez, là-bas au fond...)



En y regardant de plus près, c'est en fait toute la Potsdamer Platz qui est envahie par l'esprit de Noël...

... la déco des "Arkaden", le grand centre commercial, est d'ailleurs pas mal réussie.


Mais non, en fait, c'est tout Berlin qui sent la canelle et les pommes d'amour.

Le 1. Advent, je vous dis !

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Berlin - Potsdamer Platz
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Jeudi 27 novembre 2008

Les réunions scoutes, c'est très intéressant.
Par exemple, prenez notre dernière réunion scoute...


Comme j'avais l'audace d'appeler une bière une bière, Martin, qui sait, lui, que rien n'est plus différent d'une bière qu'une autre bière, m'a appris la subtile différence entre une Pils et une Heffe.

krombacher-pils.jpg

Ceci est une Pils.

Heffe.jpg
Ceci est une Heffe (la différence n'a rien à voir avec la couleur, il existe aussi des Heffe blanches).
Attention, ce n'est bien évidement absolument pas la même chose !!! On les verse d'ailleurs d'une manière tout à fait différente dans le verre, et la Heffe demande tout une technique subtile pour obtenir la mousse avec la levure de bière décantée au fond de la bouteille. J'ai donc été initiée à cet art compliqué, et j'ai servi ma première Heffe à Michi, qui donc n'a pas eu assez de mousse, mais je me m'améliore...
J'ai donc goûté ma première Heffe, et j'ai ENFIN compris ce grand mystère allemand : comment les allemands arrivent à être fin souls à coup de bière (je trouvais ça bizarre, parce que, bon, la bière c'est pas bien méchant quand même). Donc, vous aurez compris, la Heffe, c'est assez violent. En plus, c'est vachement meilleur qu'une Pils, très dangereux donc.

D'ailleurs, pour vous coucher moins bêtes ce soir, sachez qu'un décapsuleur s'appelle en Allemagne un "Bieröffner", un "ouvre-bière" (en bref, ça sert aussi occasionellement à décapsuler des bouteilles de coca, mais c'est très secondaire).

Conclusion, vous aurez compris, à la réunion-chef, on a surtout parlé de bière.
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - manger
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Mercredi 26 novembre 2008

Le temps se réchauffe un peu et je regrette maintenant de ne pas vous avoir fait profiter des jolies journées enneigées de Berlin (la principale raison étant que je suis restée planqué chez moi à boire du thé... allez savoir pourquoi).

Il n'empêche, même si la neige qui s'était imposée depuis vendredi dernier a bien fondu, la bouche de métro de l'Université, le toit recouvert de neige, c'est quand même kitch à souhait !

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Berlin - Dahlem
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