Crazy, de Benjamin Lebert

Publié le par Eine Kuh in Germanie

Ce livre a fait un sacré tohu-bohu à sa sortie en 1999.
Je tombe de haut, mais il n'y a pas d'article sur cet auteur sur Wikipedia (va falloir qu'un gentil traducteur bénévole s'attaque à la tâche).
J'espère pour vous que le livre en version française existe quand même...

Benjamin Lebert est handicapé. Plus exactement, tout le côté gauche de son corps est plus ou moins paralysé. Il n'a aucun diplôme, il a quitté l'école, et à 17 ans, il écrit son premier roman : Crazy.

L'histoire est un topos maintes et maintes fois repris, surtout dans la littérature allemande ("Les désarois de l'élève Törless" de Musil, en est un des exemples utla-méga clasiques) : la jeunesse d'un garçon dans un internat. En Allemagne (ce qui n'arrange pas les choses). Crazy, c'est donc l'histoire d'un Benjamin Lebert, paralysé du côté gauche, aux notes en mathématiques plus que désastreuses. Ses parents l'envoient dans un internat. Parce que des notes désastreuses en maths, quand on a des parents bien, ça ne se fait pas.
Mais au-delà du topos, Crazy atteind des sommets. Benjamin n'est pas le plus handicapé dans la vie des garçons que l'on va croiser. Le gros Felix, qui traîne péniblement sa graisse et sa faim constante. Le petit Felix, qui se pose des questions sur tout. Florian, celui que tous appellent "la fille". Troy, qui n'a jamais dit un mot et qui ne compte pour personne. Et surtout Janosch, le joyeux cynique qui va prendre la tête de cette bande de bras cassés et l'entraîner partout.
Ce qui frappe surtout, c'est l'écriture. Un récit à la première personne aux allures de monologue intérieur (les deux passages de griserie sont à couper le souffle...). La construction est très travaillée, avec des jeux d'échos entre les scènes. Et surtout il y a les dialogues entre ces 6 jeunes garçons, difficile à décrire, des dialogues qui font pleurer et rire, à la fois très vrais et absoluement "littéraires". Ca gamberge fort dans le crâne de ces 6 ados : qu'est-ce que la vie ? qu'est-ce que l'amitié ? et Dieu ? Pourquoi diables est-ce que les filles sont toutes aussi jolies ?
Janosch finit toujours par avoir réponse à tout : la vie, c'est de vivre, et la vie, c'est trop crazy !

Enfin bref, j'ai rarement été aussi retournée par un roman. A lire ABSOLUEMENT.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article