Samedi 26 avril 2008
Un des films que je n'ai pas pu voir lors des Berlinales, mais que je me suis juré d'aller voir à sa sortie : Chiko.

Özgür Yildirim a déjà réalisé quatre films à peu près inconnus, mais il semblerait qu'avec Chiko, et sous la protection de Fatih Akin, il va enfin faire parler de lui.
L'histoire se passe dans le monde de la drogue, dans les rues de Berlin. Chiko et son "frère" Tibet vont tous les deux se lancer dans le deal, mais vont connaître des destins différents. (Ok, je l'avoue, ce résumé est des plus plat, mais je manque d'inspiration.)

Dans le film, il y a un "style Fatih Akin" indubitable, avec cet arrière-plan d'immigration turque, mais d'un Fatih Akin qui se serait pris une bonne dose de violence dans la tête. Ici, n'a pas des gentils d'jeuns qui jouent avec des caméras ou qui sortent de leur fac avec des idées gentillement révolutionnaires pour changer le monde. Les jeunes de Özgür Yildirim sont rendus fous par la misère et l'envie de s'en sortir, n'ont plus grand chose pour se raccrocher à la vie et règlent leurs problèmes à tous des poings et autres armes blanches (ou pas blanches).
Une même façon de filmer, mais une atmosphère radicalement différente.
Donc, oui, Chiko est un film assez violent, pas parce qu'il nous montre de la boucherie en permanence certe, mais parce que la violence est partout au moins sous-jacente, dans chaque personnage et dans chaque scène. Mais bon, je ne m'attarde pas sur le sujet.
Par contre, ce qui m'a frappée, c'est le traitement de la mort. La mort est vécue dans Chiko comme la fin de tout, et le monde de la drogue a beau marcher sur un fil dangereux, tout le monde tente de lui échapper. C'est la même chose chez Fatih Akin d'ailleurs, tous ces personnages sont remplis de vie, et n'ont qu'une envie, c'est de le rester. Mais chez Fatih Akin, quand la mort intervient, elle nous assomme d'un coup par son immense absurdité. On se dit "Hein ? comment ? elle est morte comme ça ? mais c'est trop bête ? mais attendez, elle n'avait pas fini, l'action était en train de rebondir ! Il y a cinq minutes, elle gambadait, on ne peut pas mourir aussi bêtement !". Mais non. C'est comme ça. Elle est morte. Lorsque la mort arrive chez Özgür Yildirim, alors qu'on sentait que c'était mal là, qu'il fallait qu'il arrête, que ça allit mal se finir, qu'il ne fallait pas qu'il meure, soudain, il meurt, et on se rend compte qu'on respire à nouveau. Finalement, c'est peut-être mieux pour lui comme ça. C'est comme si l'on nous réconciliait avec la mort.

Sinon, et ça n'a rien à voir, mais on retrouve l'acteur fétiche de Fatih Akin, Moritz Bleibtreu, un des acteurs omniprésents dans le cinéma allemand.
Il a joué donc bien sûr dans les films de Fath Akin ("Im juli", "Solino"), mais aussi dans "Lola Rennt", dans "Munich", dans "Le concile de Pierre", et tout récement tenait le rôle principal dans "Free Rainer" (une comédie satirique allemande). Bientôt on le verra paraît-il dans la super-production-ka-l'air-bien-nulle "Speed Racer".
En tous cas, un acteur demandé, et très bon. Je trouve qu'il a un petit air de Jean Dujardin. Pas vous ?

Profitez-en, c'est pas souvent qu'on le voit sourire.
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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