Werben und Werbung

Publié le par Eine Kuh in Germanie

In der heutigen Welt ist Alles Bewegung. Rasende Bilder im Fernsehen sorgen für rasch wechselnde Bedürfnisse des Verbrauchers. Man nennt sie „Werbespot“. In der Werbung wird gelacht, getrunken, gelaufen, geplaudert. Es wird einfach gelebt, mit viel Bewegung.

Beim Werben handelt es sich ursprünglich eher um das Drehen. Das althochdeutsche Wort „hwerban“ bedeutet „sich drehen“, und deswegen ist eigentlich die Werbung mit dem Wirbel verwandt. Nicht dass ich damit meine, die Werbung sei die Wirbelsäule unserer Gesellschaft, nein... aber viel Wirbel um sich herum macht sie allerdings schon. Es bleibt dabei: „werben“ bedeutet urprünglich „sich drehen“.

Der Sinn des Wortes dehnt sich allmählich auf die Bedeutung von der Bewegung aus. Der Werber ist ein Mann der Tat, er handelt – und trinkt anscheinend viel Wein, wie uns dieses Gedicht aus den Deutschen Weisheiten von Petri es beweist:
„Trinck wein vnd werb,
trinck bier vnd verderb,
trinck wasser vnd sterb:
so ist besser wein getruncken vnd geworben
den wasser getrunken vnd gestorben.“
Werben ist also eine Tätigkeit, und das auch im beruflichen Sinn. Man kann sie ausüben, genau sowie man ein Gewerbe ausübt – das natürlich etymologisch den selben Ursprung hat.

Da der Mensch zwar lebendig aber auch hauptsächlich faul ist, ist der Begriff von Bewegung dem von Mühe nie sehr weit entfernt. Man gibt sich Mühe, ein Gewerbe auszuüben. Damit der sogar im Mittelalter nicht uneigennützige Mensch handelt, muss es sich auch für ihn lohnen. Nach und nach nähert sich also der Sinn von „werben“ der Bedeutung von „nach etwas streben“. Wenn man etwas unbedingt haben will, bemüht man sich auch, und geht zum Beispiel zum nächsten Supermarkt, um sich Soda zu besorgen, nach dem die Werbung uns dazu überredet hat, dass wir streben. Wer einen Beruf will, muss sich auch Mühe geben, um zu zeigen, dass er für die Stelle der Beste ist: Das nennt man jetzt „sich bewerben“. Von „Gewerbe“ zu „Bewerben“ hat sich der Handler in einen Arbeitlosen verwandelt. So erbarmlos ist eben die Wirtschaftskrise...

Aber was ist denn wert, dass man(n) sich dafür bemüht ? Na, Frauen, natürlich – vor allem, wenn man schön viel Wein getrunken hat. Das ist nicht von gestern: die Beschreibung des „glänzende[n] ritter, der im werbeturnier um das schöne schlosfräulein Brunhild alle andern recken in den sand streckt“ kann man schon aus der Feder von Wackernell lesen. Das Verb „werben“ verwendet man zu dieser Zeit vor allem, wenn es um die Hand geht: „Schwestern, rathet mir ! man wirbt um meine hand !“ (Goethe). Wie viel Werbung muss der Bewerber für seine Person machen, um die Einwilligung des schönen Weibs zu erobern !

Aber die Werbung ist wirklich entstanden, nicht um Frauen zu überreden, sondern Männer. Frauen sind nämlich nicht so beeinflussbar, und lassen sich nicht von schönen Reden und gut aussehenden und im Fernseher posierenden Männern heiraten (oder doch ?). Männer hingegen lassen sich überzeugen, auf das eigene Leben zu verzichten, und ins Feld hinauszuziehen. Denn die erste Form von Werbung war tatsächlich die, die der seinen Werbepatent schüttelnde Werbeoffizier machen musste, um Rekruten für die Armee zu finden. Dafür muss man wenigstens in der Werbebranche tätig sein, und gute Argumente zu finden. Obwohl sich die ganze Sache meistens – wie bekannt – durch viel Wein Trinken erledigen läβt... die ganz alte Geschichte im Endeffekt !
„Vorwärts – einen werbetrunk
Aus den vollen krügen !“
(Rilke)

Bewegung bleibt demzufolge der Kern des heutigen Lebens. Es heiβt also: in Bewegung bleiben ! Wer sich voll betrunken auf das eigene Bett fallen läβt, und einschläft, hat das Wettbewerb verloren.



La publicité (NB : werben = faire de la publicité ; Werbung = la publicité)

Dans le monde qui est le notre, tout est mouvement. Des images défilant à toute allure sur nos écrans ont pour charge de créer au consommateur des besoins se renouvellant à toute allure. On appelle cela la publicité. Dans la publicité, ça rigole, ça boit, ça court, ça discute. En un mot, ça vit, et avec un maximum de mouvement.

En fait, faire de la publicité c'est plutôt à l'origine une question de tournure. Le mot vieux-haut-allemand „hwerban“ signifie „se tourner“, et c'est pourquoi la publicité est aparentée au tourbillon (NB : publicité = Werbung ; tourbillon = Wirbel). Pas que j'entende par là que la publicité est la colonne vertébrale de notre société, non... (NB : colonne vertébrale : Wirbelsäule) mais qu'elle fasse beaucoup de remous autour d'elle, c'est indéniable. (NB : faire du remous = Wirbel machen) Mais c'est entendu : „werben“ signifie en premier lieu „se tourner“.

Le sens du mot s'étend peu à peu à l'idée du mouvement en général. Le "Werber" est un homme d'action, il agit - et boit apparemment beaucoup de vin, si l'on en croit ce poème extrait des Sagesses Allemandes de Petri:
„Trinck wein vnd werb,
trinck bier vnd verderb,
trinck wasser vnd sterb:
so ist besser wein getruncken vnd geworben
den wasser getrunken vnd gestorben.“
(Bois du vin et agis / bois de la bière et esquinte-toi / bois de l'eau et meurs / le vin bu et tourné est meilleur / que l'eau bue et morte OU boire du vin et agir est meilleur / que boire de l'eau et mourir)
Werben, c'est donc une activité, et ce également dans le sens d'un métier. On peut l'exercer, tout comme on exerce un métier - qui a naturellement la même origine etymologique. (NB : métier = Gewerbe)

Comme l'homme est certe vivant, mais essentiellement paresseux, l'idée de mouvement n'est jamais bien éloignée de celle de la fatigue. Il est fatiguant d'exercer un métier. Pour que l'homme qui, bien que moyennâgeux, n'en est pas plus altruiste pour autant se remue, il faut que ça en vaille la peine. C'est pourquoi peu à peu le sens de „werben“ se raproche de l'idée d'„avoir envie de quelque chose“. Lorsque l'on a absolument envie d'une chose, on se remue, et on va par exemple jusqu'au supermarché pour s'acheter son coca, une fois que la publicité nous a bien persuadés que nous en avions une envie impérieuse. Celui qui veut un travail doit lui aussi se remuer, et montrer par exemple qu'il est le meilleur candidat pour remplir un poste donné : c'est ce qu'on appelle „postuler“ (NB : postuler = bewerben). De „Gewerbe“ à „Bewerben“, notre homme d'action est devenu un chômeur. La crise économique est vraiment sans pitié...

Mais q'est-ce qui est donc digne que l'on se donne de la peine pour l'avoir ? Et bien les femmes bien sûr - surtout quand on a bu beaucoup de vin (NB: jeu de mot sur man/Mann, selon la lecture "qu'on se donne de la peine" ou "qu'un homme se donne de la peine", oui, je suis une grande comique). Ca ne date pas d'hier : on trouve déjà sous la plume de Wackernell une description de ce „glänzende[n] ritter, der im werbeturnier um das schöne schlosfräulein Brunhild alle andern recken in den sand streckt“ (cet étincellant chevalier, qui dans un tournoi
(Werbeturnier) pour la belle demoiselle Prünhild étend tous les autres chevaliers dans le sable". Le verbe „werben“ est alors surtout employé pour demander en mariage. „Schwestern, rathet mir ! man wirbt um meine hand !“ (Goethe) (Soeurs, conseillez-moi ! Quelqu'un demande ma main !). Que de publicité il faut faire autour de sa propre personne pour emporter le consentement de la belle !

Mais la publicité n'est pas apparue pour persuader les femmes, mais bien les hommes. Les femmes, en effet, ne sont pas si facilement influençables, et ne se laissent pas épouser sur de belles paroles par un grand brun ténébreux prenant des poses à la télévision (quoi que...). A l'inverse, on peut persuader un homme de renoncer à sa propre vie et d'aller sur le champ de bataille. Car la première forme de publicité, c'est celle que le Werbeoffizier (NB : oficier chargé de lever des recrues dans les villes) agitant à bout de bras son Werbepatent (NB : ordre de mission du Werbeoffizier) devait faire, pour enrôler de nouvelles recrues dans l'armée. (NB : encore de nos jours werben = racoler). Pour cela, il faut effectivement au moins travailler dans la publicité (NB : Werbebranche) et avoir de bons arguments. Encore que cela se règle en général - et le fait est bien connu - en buvant beaucoup de vin... Toujours la même histoire en définitive !
„Vorwärts – einen werbetrunk
Aus den vollen krügen !“
(Rilke)
(En avant - du vin de racolage à grands pichets !)
Le mouvement est par conséquent resté le centre de la vie contemporaine. Le mot d'ordre : restez en mouvement ! celui qui se laisse tomber saoul sur son lit et s'endort à perdu le concours ! (NB : concours = Wettbewerb).

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Maman 20/12/2008 21:49

C'est pas pour dire, mais c'est vrai qu'elle est géniale ma fifille quand même hein !!!
Beaucoup d'humour surtout.

Eine Kuh in Germanie 11/01/2009 12:53


En toute objectivité, bien sûr !


Winnie 19/12/2008 21:18

Waouh, c'est un régal à lire (la traduction hein, j'avoue je n'ai même pas essayé le texte original, pardon ^^')
C'est exactement le genre de devoirs que je serais incapable de rendre, j'aurais sûrement fait un truc tout bâteau plan plan.
ENCORE !!!