Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 08:58

--Vendredi--

Cachant à peine mon excitation, je me lance ce matin à la chasse aux tickets. Peu après 9h, je me trouve devant mon premier but de la journée, le Freidrichstadtpalast, où je trouve porte close.

Ber02-1.jpg

Ca m'apprendra à oublier que les guichets des Berlinales ouvrent tous à 10h, tiens...

Une heure plus tard, je suis une des premières à me placer dans la file d'attente... qui devra attendre jusqu'á 11h20 avant de s'ébranler enfin. Toutes les personnes autour de moi sont venues pour "True Grit", le film des frères Cohen, qui a fait l'ouverture officielle des Berlinales la veille. Moi comme d'habitude, je fais mon intellectuelle snob. Du Western ? Très peu pour moi. Donnez-moi deux cartes pour "The Devil's Double", bitte schön.

J'ai tout juste le temps de courir à Potsdamer Platz au CinemaxX rassembler mes autres tickets de la journée qu'il est 12h et mon premier film commence.

 

Ber02-2.jpg Mon ouverture des Berlinales sera donc cette année un film de Bergman. Pas très actuel, mais on a vu plus médiocre ouverture.

Dans la série "les japonais n'arrêterons pas de nous étonner", mes voisins de siège sont pour cette première séance un groupe de trois jeunes japonais de mon âge qui prennent la pause à tour de rôle avec un sourire kawai devant un appareil photo digne de "barbie fait un safari photo dans la forêt des bisounours" et qui se révèle être... un palaroide. Ce truc exite encore ? Genial ! Je veux aller au Japon.

C'est la séance de midi, les gens sortent les sandwishs (on a pas pourtant pas le droit de manger dans les salles ?)... Mais quand est-ce que le film commence ?

 

Ansiktet (The Magician), de Bergman, catégorie Retrospektive

Pas grand chose à dire sur ce film pourtant vraiment bien. En sortant, j'ai pu lire sur une interview de Bergman affichée aux murs : "J'ai remarqué que rien ne peux plus détruire une ambiance que trop de lumière." (Je cite de tête) En effet, Bergman, la lumière, il aime pas. Mais regardez-moi la scène du "fantôme" de Vogler et vous m'en direz des nouvelles. Une fausse main en cahouchouc, quelques miroirs sales, des bris de verre et "6ème sens" peut aller se rhabiller.
Je crois que j'aime bien Bergman.

Un cours de francais plus tard, Foux me rejoins, et c'est parti pour le 2ème film.

Qualunquemente, un film tout en finesse, qui a quand même atterri dans la catégorie Panorama

Assez rare aux Berlinales pour être souligné : c'est une comédie (pourtant la salle n'est pas vide... Quelle ouverture d'esprit ces snobs des Berlinales !).
L'idée était vraiment bonne. Le héro est un mafioso pourri et ventru, qui rentre au pays d'un exil de 4 ans. Et là, c'est le drame : non seulement il paraît qu'un truc appelé "fisc" veut se méler des comptes de son resto-bar construit sans permission sur la plage, mais en plus ses larbins lui assurent que ses travaux pour un superbe immeuble de luxe dernier cri ont vraiment été arrêtés sous le prétexte fallacieux que des ruines etrusques ont été découvertes sous les fondations. Il est temps de remettre de l'ordre dans cette ville qui perd toutes ses valeurs et le mafioso Qualunquemente rentre en campagne pour les prochaines municipales.
Toute ressemblance avec la réalité est évidemment tout à fait fortuite. Oui, l'idée est vraiment sympa. Et il y a des moments vraiment drôles. Aucune immondice démagogique ne nous est épargnée. Le candidat adverse, avec toute son intégrité et ses arguments intelligents ne pourra vaincre la médiocrité d'un adversaire qui a mis toutes les chances de son côté.
Mais trop, c'est trop. Au bout d'un moment, l'humour tourne en rond. Un peu de subtilité n'aurait pas nuis au film. Et puis désolée, mais le machisme à outrance, quand il ne sert qu'á nous montrer des filles qui se tortillent en bikini sur la plage et nous montrent leur derrière, c'est énervant. Trop de second degré tue le second degré. Surtout avec des gros seins.

http://www.badtaste.it/badposter/wp-content/myfotos/qualunquemente/6a.jpg("Les femmes ne doivent pas rentrer en politique, c'est la politique qui doit rentrer dans les femmes." Ha ha ha. Mais si, riez, puisqu'on vous dit que c'est du second degré !)

Entraînement pour le marathon pour arriver à temps au film suivant.

Le film est très attendu et ca se voit. Le Friedrichstadtpalast est plein à craquer. "The Devil's Double" est en effet un film parlant de Uday Hussein, le fils de Sadam Hussein.

The Devil's Double, catégorie Panorama

 

http://1.bp.blogspot.com/_y4TqX9RvuOM/TUDBLBlRJBI/AAAAAAAADa4/UDk_BGC_KPY/s1600/DominicCooper_DevilsDouble.jpg

Je ne sais pas si vous savez déjà quelque chose sur Hussein Junior. Pour ma part, je n'étais même pas sûre de bien situer Sadam-le-Père. Maintenant, au moins, Sadam, c'est clair : Sadam = Irak, et Sadam = gros méchant.
Après, en ce qui concerne le fils... Ben, heu... vous connaissez Caligula ? Oui, le fou psychopathe, là. Ben alors, vous y êtes. Parce que "The Devil's Double", c'est le remake du "Caligula" de Tinto Brass. Je sais pas si vous connaissez le "Caligula" de Tinto Brass, mais c'est genre pas vraiment tout public, avec pas mal de porno et de scènes de viol insupportables. Dans "The Devil's Double", aucune scène de viol ne nous est épargnée, mais quand même le porno en moins (ce qui n'empêche pas le beau héro de copuler avec la belle héroine (Ludivine Sagnier, s'il vous plaît) mais tout le monde sait bien que c'est pas du porno, voyons, on voit pas le zizi du monsieur...) et plein de boyaux et de sang en plus (Tinto Brass était resté relativement soft là-dessus).
Ceci dit, le film est vraiment impressionnant. Plus impressionnant encore, était de voir arriver l'homme en personne, celui dont le film retrace l'histoire, un irakien "anonyme" qui a été kidnappé pour sa ressemblance frappante avec le fils Ussein pour lui servir de double (et se faire tirer dessus quand les irakiens pêtent les plombs et essayent d'assassiner leur tyran). Le double en question a réussi à s'enfuir d'Irak. Il monte sur la scène. Impressionnant. Puis toute le monde s'offre des bouquets de fleur, on fait un sourire pour la photo, on applaudit bien fort, et tout le monde s'en va.

 

Ber02-3.jpg De quoi ?!?
Mais la discussion alors ? Les questions du public ?
Remboursez !

Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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Commentaires

Est-ce normal que ce soit la galère pour écrire un commentaire ?

Bon sinon article très intéressant sur un film vraiment atypique pour le coup... mais je suis contente que tu en ais fait le résumé, je sais que je ne vais pas aller le voir (l'histoire m'intéresse bien mais les scènes de viol beaucoup moins !)
Commentaire n°1 posté par Winnie le 15/02/2011 à 09h56

Il y a apparement un film documentaire qui s'appelle également Devil's Double (je suis tombée dessus sur youtube). Peut-être que ca peut être une solution.

Mais non, sincèrement, le film est 10 fois plus trash que Orange mécanique (qui n'est pas un film violent, je me tue à le répéter). J'essaye de trouver un équivalent dans le trash, mais je n'ai rien qui me vient à l'esprit (à part des films underground que personne ne connaît).

Réponse de Eine Kuh in Germanie le 16/02/2011 à 09h33
toi aussi !! quelle idée de ne pas aller voir un film des frères Cohen comme tout le monde !!!
Commentaire n°2 posté par saremma le 16/02/2011 à 14h17
Non mais ne t'embête pas à chercher des équivalents, tu me dis que c'est trash, moi je te crois hein !!!
Commentaire n°3 posté par Winnie le 17/02/2011 à 10h10
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