Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 12:04

-- samedi --

Ma journée aux Berlinales commence à 19h30. À une heure pareille, il est assez évident que je ne vais plus trouver beaucoup de tickets. Je me rends donc à Potsdamer Platz où se trouve la plus grande concentration de cinémas et donc la plus grande probabilité de trouver encore des tickets.
Finalement, après avoir perdu pas mal de temps, je me décide à prendre une place pour le dernier film de la journée, "Bu-dang-geo-rae", quitte à attendre 2h bonnes heures au stand de pop-corn délaissé du CineStar. Quelques clients s'aventurent à demander du pop-corn.
"Ah, je suis désolée, mais on ne sert pas de pop-corn pendant les Berlinales. Il est interdit de manger dans les salles. Oui, c'est bien dommage, hein. Je ne sais pas, est-ce que c'est le bruit qu'ils veulent éviter, parce que beaucoup de personnes ici sont de vrais passionnés de cinéma et ne supportent pas le bruit autour d'eux, à moins que ce soit juste pour éviter d'avoir trop de nettoyage à faire à chaque séance, parce que nous avons si peu de temps entre deux séances... Oui, monsieur, pas de problème, vous voulez une bière blanche ou brune ?"

Deux heures plus tard, donc, le réalisateur coréen monte sur scène devant un public impatient de voir son premier film de la journée (enfin, en ce qui me concerne). Je suis grandement étonnée de l'entendre parler coréen car c'est la première fois que je remarque à quel point le coréen ressemble au japonais. La musique de la langue est vraiment très proche. C'est étonnant que je ne m'en sois jamais rendu compte, ce n'est pourtant pas la première fois que je vois un film en coréen.
Encore plus surprise j'ai été d'entendre soudain une phrase dont je comprenais le sens. Comment cela se fait-il ? Pourtant je ne sais pas parler coréen. Il ne parle tout de même pas en japonais, ca serait le comble pour un coréen. Puis je comprends. La phrase, c'était "kam sam ni da" (par contre, je n'ai aucune idée de l'orthographe), qui signifie "merci beaucoup", et est tout simplement la formule de salut après un "combat" au taekwon-do. Donc du coréen. Mais j'avais toujours cru que le vocabulaire du taekwon-do était du coréen ancien. Passionant.
Enfin bref, c'était le moment "questions existentielles d'une linguiste qui va au cinéma", mais je vous promets que j'arrête là et que je parle de cinéma maintenant, vous pouvez vous réveiller.


Bu-dang-geo-rae (The Unjust), un film sur la justice, pas très rassurant, mais mérite largement sa place dans la catégorie Panorama

Je peux vous assurer une chose pour ce film : le scénario est démentiel. Incroyablement tortueux et bien fichu. Et qui réussit l'exploît d'être terriblement sombre et pessimiste ET marrant.
Dans l'ensemble, j'ai trouvé le film vraiment très bien. Il tenait parfaitement la comparaison avec le film gros budget de la veille. Mon seul reproche serait : était-il vraiment nécessaire de contempler pendant trois longues minutes un policier se vider de son sang (c'est à dire : d'à peu près 20L de sang que son corps ne peut pas contenir) ? Personnellement, les scènes sanglantes ne me touchent pas vraiment, mais à cause de deux ou trois scènes inutiles, je ne peux pas conseiller ce film magnifique à beaucoup de personnes qui l'apprécieraient pourtant sans cela.
Dommage.

Pour une fois que j'aurais eu une question à poser au réalisateur (mais COMMENT avez-vous trouvé l'idée d'un scénar pareil ?), il n'est pas monté sur scène à la fin du film pour faire un <accent snob on> kyou and ey <accent snob off> avec le public.
Par Eine Kuh in Germanie - Publié dans : Général - cinéma
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