Berlinales 2011 - 4ème jour

Publié le par Eine Kuh in Germanie

--Lundi--

 

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L'affiche 2011 des Berlinales : un vibrant hommage à... au... aux affiches de propagande communistes ? En plus moche.

 

12h30 et j'arrive à Alexanderplatz cette fois-ci pour mon premier film de la journée. Je n'étais pas encore sortie de Potsdamer Platz durant toutes ces Berlinales, il était temps. Dans la salle, ca sent très fort la mandarine. Ils n'avaient pas dit qu'on a pas le droit de manger ?

Mon premier film porte le doux nom de "Sekai Good Morning". Avec un titre pareil, évidemment, c'est un film japonais, et même le film de fin d'étude d'un étudiant en école de cinéma, Hirohara Satoru. Lui aussi commence par remercier bien platement tout le monde d'avoir pris la peine d'acheter un ticket et d'être venus jusqu'au cinéma pour voir SON film, pourtant si indigne de notre intérêt, etc.
Je kiffe les réalisateurs japonais, ils me font sentir toute mon importance et flattent mon égo.

http://www.phil-fak.uni-duesseldorf.de/oasien/blog/wp-content/uploads/2011/02/ballon.jpg"Sekai Good Morning!!" ("Good Morning to the world"), catégorie Forum : l'histoire d'un gamin de 16 ans qui fait tout le temps la gueule.

Pendant le Q&A (yeah), une femme a déclaré avoir eu l'impression pendant le film "d'assister pendant 1h30 à une vie complètement vide". Je n'irais pas jusqu'à dire que la vie du jeune héro est complètement vide, mais, n'ayant rien pour être malheureux, sa vie n'est pas particulièrement palpitante.
"Sekai Good Morning!!" est un film un peu expérimental, et donc un peu difficile à résumer. L'histoire n'est pas vraiment une histoire. Mon interprétation personnelle est qu'il s'agit d'une pré-quête du père. Le film se termine en effet lorsque le héro, un jeune collégien de 16 ans qui vit seul avec sa mère, déclare à cette dernière vouloir voir son père (pour la première fois semble-t-il). Sa recherche de l'identité d'un clochard qui est (peut-être) mort n'est, d'après moi, qu'une préparation à l'autre recherche qui va venir.
Le réalisateur a également éclairé cette histoire sous un autre jour. Un existe au Japon une page internet où sont répertorié tous les clochards découverts morts et dont on n'a pas retrouvé l'identité, ainsi que le contenu des objets qu'ils possédaient sur eux. Quelques objets qui suffisent à imaginer une vie entière, et qui doivent servir à leurs proches à les identifier. La démarche du jeune héro est similaire. Il découvre un clochard mort, lui prend un petit sac qu'il portait avec lui, et part à la recherche de son identité. C'est donc une sorte de transposition de ce que l'on peut éprouver lorsque l'on consulte la page internet des clochards sans identité fixe...

Je n'ai pas énormement de scrupule à vous avoir ainsi spoilé complètement ce film, que ni vous ni moi n'aurez de toutes facons sans aucun doute jamais l'occasion de revoir.  C'est là le merveilleux et le frustrant des Berlinales. On y découvre parfois des films merveilleux... sans aucun moyen de les revoir jamais.
C'est bien triste.

Une journée bien chargée plus tard, et après la réunion scoute, à 21h, il n'est pas trop tard pour voir un film !
23h, donc, de retour à Potsdamer Platz, et le deuxième et dernier film de la journée commence.

http://reihesieben.de/wp-content/uploads/2011/02/AufDerSuchePoster.jpg"Auf der Suche" ("Looking for Simon"), catégorie Forum : le titre original signifie "À la recherche"... mais à la recherche de quoi ? (pas sûr que "Simon" soit la bonne réponse)

Une sensation étrange pendant ce film. L'impression d'être parfaitement chez moi. L'histoire se passe à Marseille, où le jeune Simon (décidemment), un Allemand d'une vingtaine d'année, est venu vivre. Mais durant toute cette histoire, nous ne verrons pas Simon. Car Simon a disparu. Ou alors il est en vacances, comme s'acharne à le dire à sa mère l'ex-petit ami de Simon, un francais parti vivre à Berlin. Une mère qui vient d'Allemagne, un francais qui vient de Berlin, du francais, de l'allemand, de l'anglais, la Méditerranée, je suis chez moi, c'est évident.
Pendant tout le film, nous suivons donc la mère et l'ex de Simon dans leurs recherches. La prise de conscience de la mère sur le peu qu'elle sait, en fait, de son fils, elle qui pourtant lui téléphone régulièrement, entraîne une très belle réflexion sur la distance entre parent et enfant, et sur le dilemne de cette distance : personne ne le souhaite, mais le distance est inévitable.
Durant le Q&A, un spectateur a réagit à cette problématique de manière sceptique. "Pour moi, ce n'était pas tellement la question du film. Parce que la distance parent-enfant est tout à fait normale, lorsque l'enfant atteind la vingtaine." Pour lui, évidemment, le coeur du problème était l'homosexualité du fils, que la mère n'accepte pas, blabla. Évidemment, la sexualité, c'est un sujet vachement snob et donc méga intéressant. Mais bon, je ne suis pas d'accord. Que la distance soit normale ne veut pas dire qu'elle ne pose pas problème. C'est là justement tout l'intérêt. Surtout si c'est le réalisateur même qui le dit...

Publié dans Général - cinéma

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