Général - cinéma

Dimanche 11 janvier 2009
(allez, un petit effort, la vidéo n'est certe pas sous-titrée, mais y'a pas beaucoup de texte)

Mais qui nous décoche ce grand sourire étincelant ? Ma parole, mais oui, c'est Farin en personne !
Et non, vous ne rêvez pas en 1:13, c'est bien la star nationale, Nena en personne, qui est l'invitée extraordinaire de ce merveilleux film.

Qu'est-ce donc que "Richy Guitar" ? Il s'agit d'un film "culte" (selon la quatrième de couverture) des années 80, ayant pour acteurs principaux... les membres de Die Ärzte en personne, mais oui, mais oui, vous ne rêvez pas.
Très sincèrement, l'idée même de voir pendant une heure et demi la bouille de Farin quand il avait encore ses dents de lait (en fait, 21 ans, car le film date de 1983) suffisait tellement à faire mon bonheur, que j'ai été agréablement surprise. L'intrige se résume sur un timbre poste, et leur prestation d'acteurs n'est pas extraordinaire... mais pas pathétique non plus. Dans le fond, le grand atout de ce film, c'est d'être sans prétention.

Un deuxième grand intérêt est qu'il dépeind à mon avis très bien ce que pouvait être la vie courante dans les années 80 à Berlin ouest. Les petits boulot, la récup, les coiffures punk, les tapisseries à fleur, les immeubles insalubres, les milles et un petits tracas matériels et amoureux, les concerts, la police (rabat-joie, mais jamais bien méchante), les blagues entre potes.
La vie toute bête quoi.
Sympathique, ce film, je vous dis.

Enfin, ce film, c'est l'occasion de faire un peu plus connaissance avec les membres du groupe.

On commence en toute objectivité par Farin, qui ne s'appelle d'ailleurs pas encore Farin (j'ai eu un moment d'angoisse en ne voyant pas paraître son nom de scène au générique de début). Non pas parce que c'est mon chouchou à moi (quoi que...), mais tout simplement parce que c'est le personnage principal de l'histoire.
Oui, oui, une heure et demi avec Farin filmé sous tous les plans. Il est génial, ce film, je vous dis.
Farin est le guitariste / chanteur / compositeur du groupe.
Certains lui reprochent d'avoir un peu la grosse tête, et d'avoir à plusieur sreprises failli détruire le groupe pour faire sa carrière solo. C'est d'ailleurs exact que depuis un an, Farin est en tournée solo, et que Die Ärtze, par conséquent, plus personne n'en entend parler.
Farin, c'est LE punk du groupe. Un punk résolument "Straight Edge" d'ailleurs (pour les spécialistes du genre), antialcoolique, antitabac, grand spécialiste des chansons d'amour et des chansons absurdes. Un punk quoi.
ET ET ET... il a étudié à la FU. A dix pas de mon bâtiment, en archéologie. Et oui, et oui !

(si, si, une heure et demi comme ça, je vous dis...)
NB : en 1:43, une imitation de Hitler... qui bizarrement passe très bien (c'était pourtant prendre un risque, on ne plaisantait pas avec ce genre de choses à l'époque ; mais Farin n'en fait ni trop ni pas assez)
NBbis : en 2:34 regardez-la bien parce qu'elle est déjà finie : c'était LA scène d'action du film... ouh ! Très réussie, d'ailleurs, comme vous pouvez le constater.

En deuxième arrive celui qui fait frémir toutes les midinettes d'Allemagne... j'ai nommé le Grand Bela !
Bela est un mythe à lui tout seul. Dans le groupe, il est batteur / chanteur / compositeur, très célèbre d'ailleurs pour ne jouer que debout. Mais en dehors de ça, il a joué dans un nombre incroyable de films (pas un dont j'ai ne serait-ce qu'entendu parler, mais enfin...), et prête aussi sa voix dans beaucoup de livres audios.
Parmi ces films, et ces livres audios, il est souvent question de vampires, son sujet de prédilection. D'une manière générale, tous les textes morbides de Die Ärtze ont été écrits par lui. Mais chez lui, c'est toujours très très très second degré, ce qui en fait un personage en fait extrèmement sympathique. Le croisement réussi entre un gothique et un punk.
Un peu mystérieux, avec un air posé et réfléchi, le sourire rare, Bela est le chouchou incontesté de ces demoiselles. C'est d'ailleurs un peu la seule chose qu'on arrive à lui reprocher.


Die Ärzte étant un trio, vient maintenant tout logiquement le troisième membre du groupe.
Il s'appelle Sahnie, et je découvre pour la première fois son nom et son visage. Sahnie est un personnage étrange. Il apparaît à peine dans le film, et comme vous le verrez dans sa vidéo, c'est celui qui fait tout le temps la gueule et énerve tout le monde contre lui. Tout le monde le déteste cordialement, et pas seulement dans le film.
Sahnie était bassiste dans le groupe, et également dans celui des Toten Hosen (un autre grand groupe de punk allemand, très très connu). Il a coécrit une poignée de textes, chanté dans deux morcaux tombés dans l'oubli. Il a fini par se faire éjecter du groupe (en 85), et - comme je le disais - tout le monde le déteste (la fille qui a créé les trois vidéos s'excuse même en commentaire d'en faire une sur lui, c'est pour dire).
Etrange personnage, donc.

NB : On note d'ailleurs que contrairement aux deux autres, la musique de fond, ce ne sont pas "ses" morceaux, mais bien des morceaux écrits plus tard et qui font très clairement référence à lui (voire carrément insultants).
Par Eine Kuh in Germanie
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Vendredi 22 août 2008
Wickie, c'est un peu Fifi Brindacier, version Vicking. On grand classique pour enfants plen de bons sentiments et où les petits l'emportent sur les grands en sagesse et en réussite.

Michael Herbig, qui a sorti pour Noël une super animation "Sissi und der wilde Kaiser" ("Sissi et l'empereur enragé"), parodie du cycle des Sissi, va faire un film de Wickie.
Avec un peu de chance, ce sera bien.

J'ai quelques réserves quant à l'adaptation en film des Fifi Brindacier, et je demande donc à voir.
Mais je me la joue parce que le petit acteur choisi pour jouer le rôle est le petit frère d'une de mes scoutes. Allez, promis, je demanderai des autographes pour vous...
photos ici
Par Eine Kuh in Germanie
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Samedi 26 avril 2008
Un des films que je n'ai pas pu voir lors des Berlinales, mais que je me suis juré d'aller voir à sa sortie : Chiko.

Özgür Yildirim a déjà réalisé quatre films à peu près inconnus, mais il semblerait qu'avec Chiko, et sous la protection de Fatih Akin, il va enfin faire parler de lui.
L'histoire se passe dans le monde de la drogue, dans les rues de Berlin. Chiko et son "frère" Tibet vont tous les deux se lancer dans le deal, mais vont connaître des destins différents. (Ok, je l'avoue, ce résumé est des plus plat, mais je manque d'inspiration.)

Dans le film, il y a un "style Fatih Akin" indubitable, avec cet arrière-plan d'immigration turque, mais d'un Fatih Akin qui se serait pris une bonne dose de violence dans la tête. Ici, n'a pas des gentils d'jeuns qui jouent avec des caméras ou qui sortent de leur fac avec des idées gentillement révolutionnaires pour changer le monde. Les jeunes de Özgür Yildirim sont rendus fous par la misère et l'envie de s'en sortir, n'ont plus grand chose pour se raccrocher à la vie et règlent leurs problèmes à tous des poings et autres armes blanches (ou pas blanches).
Une même façon de filmer, mais une atmosphère radicalement différente.
Donc, oui, Chiko est un film assez violent, pas parce qu'il nous montre de la boucherie en permanence certe, mais parce que la violence est partout au moins sous-jacente, dans chaque personnage et dans chaque scène. Mais bon, je ne m'attarde pas sur le sujet.
Par contre, ce qui m'a frappée, c'est le traitement de la mort. La mort est vécue dans Chiko comme la fin de tout, et le monde de la drogue a beau marcher sur un fil dangereux, tout le monde tente de lui échapper. C'est la même chose chez Fatih Akin d'ailleurs, tous ces personnages sont remplis de vie, et n'ont qu'une envie, c'est de le rester. Mais chez Fatih Akin, quand la mort intervient, elle nous assomme d'un coup par son immense absurdité. On se dit "Hein ? comment ? elle est morte comme ça ? mais c'est trop bête ? mais attendez, elle n'avait pas fini, l'action était en train de rebondir ! Il y a cinq minutes, elle gambadait, on ne peut pas mourir aussi bêtement !". Mais non. C'est comme ça. Elle est morte. Lorsque la mort arrive chez Özgür Yildirim, alors qu'on sentait que c'était mal là, qu'il fallait qu'il arrête, que ça allit mal se finir, qu'il ne fallait pas qu'il meure, soudain, il meurt, et on se rend compte qu'on respire à nouveau. Finalement, c'est peut-être mieux pour lui comme ça. C'est comme si l'on nous réconciliait avec la mort.

Sinon, et ça n'a rien à voir, mais on retrouve l'acteur fétiche de Fatih Akin, Moritz Bleibtreu, un des acteurs omniprésents dans le cinéma allemand.
Il a joué donc bien sûr dans les films de Fath Akin ("Im juli", "Solino"), mais aussi dans "Lola Rennt", dans "Munich", dans "Le concile de Pierre", et tout récement tenait le rôle principal dans "Free Rainer" (une comédie satirique allemande). Bientôt on le verra paraît-il dans la super-production-ka-l'air-bien-nulle "Speed Racer".
En tous cas, un acteur demandé, et très bon. Je trouve qu'il a un petit air de Jean Dujardin. Pas vous ?

Profitez-en, c'est pas souvent qu'on le voit sourire.
Par Eine Kuh in Germanie
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Samedi 23 février 2008

Berlinales.jpg
Certes, je n'en ai pas vu grand chose, mais enfin, peu importe, ce furent MES  Berlinales et  j'en ai été très contente.

Samedi 9.

Commencées depuis jeudi, je n'ai pas eu le courage/temps d'aller faire un tour au Sony Center.
Alors dimanche, un peu tard et sans me faire trop d'illusion sur mes chances d'obtenir encore une place pour la première de "Chiko", je prends le S-Bahn direction Potsdamer Platz. SonyCenter1.jpg Malgré le temps bien hivernal, le Sony Center est assez accueillant. Pas d'euphorie, mais déjà bien plus vivant que d'habitude.
SonyCenter2-copie-1.jpg SonyCenterAnim-.jpg
Des gens partout donc, mais où sont les staaaaaaaars ???
Pour trouver les stars, c'est simple, il suffit de regarder sur qui se braquent les cameras.
camera.jpg Parce que des caméras, ça oui, y'en a partout. C'est tout excitant d'ailleurs ces cameramans et ses preneurs d sons qui courent dans tous les sens. Ils ont beau être là pour filmer les stars, ce sont aussi les ris de la fête, et c'est eux qui donnent une atmosphère particulière ici.
Et donc, les cameras en ce moment sont braquées sur... eux.
Ce sont donc des célébrités très célèbres, sans aucun doute.
c-l-brit-s.jpg
Peut-être qu'ils font un remake de la Guerre des Etoiles...

Mais bon, j'apprends que je ne peux pas acheter les places pour Chiko ici, il faut aller directement au Zoo Palast. Qui se situe donc à Zoologische Garten (Jardin zoologique), en face de la Gedächtniskirche.
Direction donc Zoologische Garten. Tapis-Rouge.jpg Ouhlala un tapis rouge et tout ! Trop fort...
Bon, je reprends mes esprits et je demande une place pour Chiko. Plus de place, bien évidement. Ce n'est pas si grave, Chiko, c'est le genre de films que j'aurai l'occasion d'aller voir au cinéma d'ici quelques semaines sans aucun doute.

Sur le tapis rouge, des journalistes s'empressent autour d'un pauvre gosse terrorisé qui essaye de prononcer quelques phrases cohérentes du haut de ses 1m12. Mutum.jpg Une poignée de fans de onze ans lui tendent des calepins pour avoir un autographe. Même pas sûr qu'ils sachent de qui il s'agit. Moi non plus d'ailleurs. Je finis par identifier le gosse sur une affiche. Mutum-affiche.jpg Le film fait partie de la sélection "Generation". J'ignore le concept exact, mais c'est du genre, "histoires de gosses jouées par des gosses pour des gosses". Sont tout mignons ces gosses-là. Mais bon, j'ai autre chose à faire de ma soirée.

Lundi

Karoline Herfurth était invitée à la première de "Kirschblüten - Hanami", un des films qui a le plus fait parler de lui dans ce festival. La réalisatrice, Doris Dörrie, n'en est apparement pas à son premier essai, même si je dois avouer à ma grande honte ne rien connaître d'elle.
Malheureusement pour moi, 19h (heure de la première du film, du tapis rouge et tout et tout) c'est l'heure de la réunion scoute. Drôle de coincidence, les chefs m'offrent pour mon anniversaire... un livre de Doris Dörrie. Jolie surprise, qui retourne un peu le couteau dans la plaie, mais tant pis, je m'en remettrai.
Doris-D.jpg

Le soir, après la réunion, je me dis que je peux toujours tenter l'impossible et aller voir si tout le monde n'est pas encore parti. Mais j'ai oublié de prendre mon livret dans lequels figurent les lieux des représentations. A tout hasard je vais au Sony Center, désert. Non, tant pis, il sera dit que je ne verrai pas Karoline. PostdamerPlatz.jpg

Mardi 12.

Aujourd'hui ce sera MON jour des Berlinales. Pas question en effet d'en sortir sans avoir vu un seul film. C'est le dernier jour où je peux me permettre une journée film, mercredi et jeudi, j'ai cours et dès jeudi soir je quitte Berlin.
Levée très tôt, mes affaires sont déjà prêtes, et je me hâte vers Potsdamer Platz pour essayer d'avoir une place pour la première que je ne veux surtout pas manquer : "Otto". Un film underground, d'un réalisateur connu dans ce milieu, ça promet d'être fun. Au Cinemaxx à Potsdamer Platz, bingo, j'ai la place. C'est pour 22h30 ce soir, j'ai le temps.
J'avale un petit déjeuner au Café Alex au Sony Center en attendant que la billèterie de l'Arsenal ouvre.
Alex.jpg Dès le matin, les journalistes se pressent autour d'un monsieur inconnu (encore un). Heureusesment qu'ils sont là, sinon on ne saurait pas qui sont les stars... à moins que ce soit juste un agent ou un présentateur télé. Qui sait ?
JournalistesMatin.jpg
L'Arsenal se situe à 200m du Cinemaxx. Ca tombe bien, parce que le deuxième film le plus important de ma journée, "Musunde-hiraite" est à 20h et je n'aurai que le temps de courir de l'un à l'autre. Si j'obtiens une place.
Et bingo, justement il viennent d'avoir quelques places supplémentaires pour la première, "vous avez de la chance". Je sais, je sais.

Sans trop d'espoir je pars à la recherche du cinéma Urania.
En chemin je ne croise que photographes et cameramen, journalistes et groupes de touristes qui parlent toutes les langues possibles sauf l'allemand. Inconcevable combien il peut y avoir de cinémas à Potsdamer Platz. Soudain, je découvre le Berliner Palast, dans un petit coin d'une petite rue qui a l'air paumée.
Berlinale-Palast.jpg Ca n'a peut-être l'air de rien en photo, mais en vrai, c'était sacrément impressionnant. C'est ici donc qu'avaient lieu les "vrais" tapis rouges. Ceux des grandes méga-stars-super-tro-top. En gros, c'est là que j'aurais dû venir pour voir Karoline. Mais bon, pouvais pas savoir... :(
En pleine zone industrielle moche, je découvre aussi des fleurs radioactives.
Fleurs.jpg Enfin voici l'Urania.
Urania.jpg
Un cinéma vraiment sympathique. Mais non, ils n'ont plus de place pour "Kirschblüten". Bon, je n'y tenais pas tant que ça, ce n'est pas bien grave.

Je n'ai plus de programme défini. Je consultemon guide des films. Le seul film yougoslave de la journée est à 15h15 à l'Arsenal. Je peux tout à fait aller voir si il leur reste des places. Et c'est parti, trajet inverse. Oui, exact, il leur reste des places.
Je jette enfin mon dévolu sur un mystérieux film intitulé "Arumdabda", qui se joue à 13h au Cinemaxx. Je n'aurai pas fait beaucoup de cinémas en définitive.

Pour clore ce programme, je prends un bus jusqu'à Alexanderplatz pour voir si je peux avoir une place pour un court métrage que je peux encore caser dans un petit coin. Me voilà au Cubix, le CineStar de l'Alexanderplatz.
CineStar.jpg Mais non, il s'agit visiblement d'une erreur, ils ne font pas de court-métrage aujourd'hui.

Alea jacta est. C'est fini, je n'ai désormais plus le temps d'avoir d'autre place. Bilan de la matinée : 4 films.
13h Arumdabda
15h15 Misterije organizma
20h Musunde-hiraite
22h30 Otto; or, Up with dead People
Places.jpg Et comme je les ai achetées le jour même en tarif étudiant, 3,50euros chacune, je ne suis pas mécontente de moi.
Et maintenant, le tourisme c'est fini, place à l'art, car "Arumdabda" ne va pas tarder à commencer. Vite vite.

Arumdabda
Beautifull-affiche.jpg
Je n'ai découvert l'affiche du film qu'en sortant du cinéma, et sincèrement, j'ai fait la grimace. Qu'est-ce que c'est que c'est affiche racoleuse de mauvais goût ? "Your beauty makes me hard", carrément, à croire qu'il tenait à tous prix à attirer tous les pervers du coin. Beurk.
En tout cas, si il se trouvait dans la salle des pervers désireux de scène bien érotiques et sensuelles, ils ont dû être sacrément déçus.
Avec le recul, je n'hésite pas à le dire, "Beautiful" a été le meilleur des films que j'ai vu.

Un vrai bijou du cinéma coréen. L'histoire d'une jeune fille dont j'ai oublié le nom, d'une beauté telle qu'elle attire tous les regards. Et c'est cette beauté qui va faire de sa vie un enfer.
On comprends assez vite où le film veut en venir. Et au début, ça m'a fait sourire. "Oh la pauvre petite elle est trop belle c'est vraiment pas juste la vie." Mais le film est plus intelligent qu'il en a l'air, et surtout l'enfer va bien plus loin qu'on ne s'y attend. Comme le réalisateur l'a très bien expliqué à la fin lors de la discussion, il s'agit bien plutôt d'un conte de fée à l'envers, il n'a nullement l'ambition de refléter la réalité. Et comme toujours le conte en dit en fait beaucoup sur la réalité.
Un conte de fée sur la beauté, sur la perversité masculine (bouh les vilains méchants, tous des violeurs en puissance, tiens). Mais avec aussi un traitement inhabituel et très intéressant des thèmes de la boulimie et de l'anorexie, thèmes sur lesquels personne n'est revenu lors des questions, et c'est bien dommage.

Beautifull-staff.jpg
Les acteurs, autant que la camera, sentaient les dédutants, mais de ceux qui promettent vraiment beaucoup. Le film a été tourné en deux mois, un laps de temps qui est plus ou moins la règle en Corée, et est pourtant d'une très belle plastique. Et puis que dire de plus. Si j'arrive à le retrouver, je ferais tout pour me le procurer.

Un peu énervée quand même face aux questions posées par le public lors de la discussion. Bon sang, il n'y a personne de qualifié ici qui puisse poser une question intelligente ? Parce que les questions psychologiques genre "pourquoi est-ce que tel personnage fait ça à tel moment", on m'a fait comprendre à peu près en quatrème-troisième que c'était très limite. Donc nous savons que l'actrice est très belle ("ah... ben merci", en même temps, qu'est-ce qu'elle pouvait répondre d'autre ?) et que le Monsieur du douzième rang aurait donné une autre fin au film.
En même temps, je critique, mais je n'ai eu aucune question.

Misterije Organizma

559359fb7e6c908af6652bf15dd81e1c.jpg "The Mysteries of the Organism" est en fait un film sorti en 1971, mélange très réussi de cinéma yougoslave et surréaliste. Les initiales WR désignent celui auquel le film rend hommage : Wilhelm Reich. Je sursaute sur mon siège, Wilhelm Reich ? Mais j'adoooooore Wilhelm Reich. Enfin, pour être exacte, j'adorais ; Wilhelm Reich, ça remonte à mes années lycées, lorsque j'étais fan une jeune anarchiste insouciante fan de Freud et que la guerre en Irak, c'était pas bien. Bref, je pouvais pas mieux tomber.

Le film est assez étrange, commence sur des images documentaires tournées dans les années 60, sur l'oeuvre "pratique" de Wilhelm Reich. Je ne connais que ses ouvrage théoriques, mais il semblerait qu'il a mené des pratiques bizaroïdes sur l'orgasme. Ces images s'accompagnent d'un discours étrange, mélange de plaidoierie pour la révolution sexuelle et de communisme. On nous démontre, tout à fait scientifiquement bien sûr, que l'opposé du sexe, c'est le cancer, que le cancer, c'est le fascisme, et que pour lutter contre le fascisme, il faut faire l'amour pas la guerre. C'est trop choupignon.
Au bout d'un moment d'élucubrations réal-sexualistes, on en arrive au film en lui-même, du cinéma yougoslave dans toute sa splendeur, d'une drôlerie irrésistible, avec cette joie de vivre et cette emphase que l'on retrouve dans les films de Kusturica. L'héroïne a fait sien ce discours de révolution sexuelle communiste et s'efforce de prêcher la bonne parole dans son immeuble. C'est le n'importe quoi, des gens détruisent les murs, d'autres sont prisonniers dans des placards, tout d'un coup éclate une grande farandole, bref, on n'y comprend presque rien, mais on se laisse gagner par l'euphorie, et on rigole bien. Tout cela baigne dans un discours politique discret et qui laisse les questions ouvertes. On aura bien le temps après le film de réfléchir à tout ça.

Le réalisateur, russe, est maintenant un vieux monsieur plein d'humour, qui n'a pas beaucoup de temps pour discuter, mais le fait volontier. "Ce que j'ai pu vouloir dire à cette époque, et ce que cela signifiait, ça, ça ne m'intéresse pas. Ce que j'aimerais savoir, c'est ce que le film veut dire pour vous, maintenant. Il a vielli, bien sûr, certaines choses font sourire, mais ce qui est resté d'actualité, c'est ça qui m'intéresse."
Malheureusement, on n'a pas trop le temps de s'attarder sur le sujet.

Misterije.jpg Je suis quand même intriguée. Comment, en pleine Guerre Froide, un réalisateur russe peut-il faire un tel film, surtout un film yougoslave, sachant les rapport entre Moscou et Tito à l'époque ? Et en rendant homage à un spychalalyste autrichien qui a passé sa vie aux Etats-Unis par dessus le marché.

Après le film, j'ai plusieurs heures, d'abord et en priorité pour assouvir ma faim (parce que j'ai vraiment vraiment la dalle) puis pour observer l'euphorie autour de moi. L'Arsenal, c'est sacrément vivant en Berlinales.
ArsenalInterieur.jpg J'ai aussi refait un tour du côté du Berlinale Palast, de nuit :
BerlinalePamast.jpg Et j'ai essayé de m'imaginer foulant le tapis rouge...
TapisRouge.jpg Mais bon, faut pas rigoler, ici, pas question de laisser le tapis ouvert à n'importe qui comme au Zoo Palast !

J'ai aussi pu voir la foule amassée devant les guichets pour obtenir une place pour un film les jours suivants.
undefined J'ai fini par trouver le temps long, à vrai dire.

Des petites installations rigolotes dans l'Arsenal me permettent de voir trois extraits d'un des films dont on parle beaucoup, "Green Porno".
GreenPorno.jpg Sur les petits petits écrans, on apprends tout sur la sexualité de l'araignée, du ver de terre et de la mouche. Isabella Rossellini est réalisatrice et actrice de ce documentaire un peu étrange, pour lequel tout le monde crie au génie. Actrice, car c'est elle qui, affublée de gros yeux ou de pattes en plastoc, mime les séances d'accouplement inscectueux. Personnellement, j'ai trouvé que c'était aussi bien que n'importe quel "C'est pas sorcier", c'est à dire un bon documentaire amusant et ludique, mais sans plus.

Musunde-hitaire
Parmi le nombre innombrable des films japonais présentés aux Berlinales, j'ai jeté mon dévolu sur celui-ci. La critique annonçait un film qui parlait des problèmes du quotidien, assimilable dans le style à la Nouvelle Vague japonaise. Alors va pour "Musunde".

Durant tout le film, on n'a entendu que le bruit incessant de la porte qui s'ouvrait et se fermait sous le flot continu des gens qui quittaient la salle. Compréhensible à vrai dire. Je n'ai pas vraiment compris où le film voulait en venir. Quelques bonnes choses, notamment un personnage très intéressant, dont le travail est de se tenir dans la rue et d'observer les gens (on ne saura jamais vraiment pourquoi) et qui recueille sa voisine lorsque son homme la bat. On ne comprend pas vraiment les autres personnages, pris dans une espèce de relation triangulaire d'ex-petite amie et ex-meilleure amie. Le plus énervant est la caméra qui s'obstine à filmer le film comme un documentaire et refuse les couleurs.

C'est sans doute pour ce film que j'aurais le plus eu besoin de la confrontation avec les acteurs. Mais on a pris du retard au lancement et je ne veux pas rater le film suivant (et aussi essayer d'avoir une bonne place).

Otto; or, Up with Dead People

Otto-affiche.jpg
Eh ben, c'est bien bizarre comme affiche ma foi...
Le réalisteur, Bruce Labruce monte sur l'estrade avant le film. Il explique qu'il a essayé dans ce film une réflexion sur ce nouveau genre "que vous connaissez tous" (ah bon ?) du film d'horreur porno, genre qu'il n'apprécie pour sa part pas du tout. Ah. Puisque tu le dit mon Bruce...
Je pensais donc voir un film underground, je tombe sur un film d'horreur. J'en ai de doux frissons. Mais en fait, ce qui m'attend, c'est un film underground... d'horreur. Avec un peu de porno.

On ne parle pas assez de la triste condition des zombies homosexuels.
C'est vrai ça, ils souffrent le martyr ces pauvres petits. Heureusesment Bruce Labruce est là pour dénoncer les injustices de notre temps, et voici donc l'histoire d'Otto, un zombie à la recherche de son passé. Le personnage est finalement vraiment touchant, même si il garde tout au long du film l'expressivité d'un boeuf mort, mais après tout, c'et son rôle.
La sexualité des morts-vivants, ça peut même donner lieu à des trucs pas mal du tout. Bon, j'ai du mal à garder mon sérieux, mais enfin, c'est bien trouvé. Un peu bizarre, même beaucoup en fait, je vous le concède.

A la fin du film, toute l'équipe vient sur l'estrade.
Otto-staff.jpg Otto, c'est le petit jeunot qui tiens le micro. Bruce Labruce lui fait face, tout en noir. Le monsieur bizarre avec des fleurs et une robe est un des morts-vivants homosexuels.
"Je vous remercie d'être aussi nombreux à être restés dans la salle. Au Sundance, la salle s'est désengorgée à la vitesse de l'éclair. Mais bon, le Sundance... qu'est-ce qu'on peut attendre de ces gens-là ?".
Bruce Labruce ne tarit pas d'éloge envers la ville de Berlin, dans laquelle a été tournée le film. Aucune ville ne pouvait retransmettre aussi bien l'ambiance gothique qu'il désirait pour son film. Et surtout à si bas prix. "On a même eu le droit de monter une tombe dans un cimetière." Oui, ma foi, chacun ses bonheurs dans la vie.
La discussion qui a suivit m'a laissée un peu perplexe. Heu... oui, c'était cool comme film... mais on est bien, d'accord, c'était du second degré, hein ? Non, parce que si le but ultime du film était de plaider la cause des homosexuels... bon, oui d'accord... mais enfin y'a d'autres moyens cinématographiques plus directs et efficaces que ça. Mais non, ah, des homosexuels, comme c'est polémique, comme c'est bien !
Alors désolée, mais moi je n'ai pas vu le film comme ça. J'ai plutôt ressenti au contraire un ton moqueur face au discours pro-homo-socialiste-anar, et en tant que tel ça m'a beaucoup plu.

Mais encore

Le film d'ouverture, "Shine a light" de Martin Scorcese, un "documentaire" sur les Rolling Stones. Deux heures de concert, il paraît que c'était génialissime, le groupe a de plus fait un tapis rouge exceptionnel.
Il faut dire que les Rolling Stones sont encore plus importants en Allemagne qu'en France. Leur musique joue un rôle considérable dans les films traitant de l'époque des années 70 (comme par exemple "Sonnenallee"). C'est du moins l'impression que j'en ai.
Avec un peu de chance, je pourrai voir ce film au cinéma prochainement.

Parmi les grands rendez-vous manqués que les Berlinales auraient eues à m'offrir, la grande star, celle pour laquelle le plus de fans en fureur se sont rassemblés... non, non, pas Madonna. Quelqu'un a réussi à voler la vedette à la grande superstar américaine, mais qui ?
Le grand et gigantissime Shah Rukh Khan. Ha ha, vous êtes bluffés, hein ? Comment ça "qui c'est" ? Et bien figurez-vous que Shah Rukh Khan est une mega-giga-super-star bollywoodienne, un multi-miliardiaire qui compte plus d'un milliard de fans. En même temps, quand on vient d'Inde, c'est facile, hein...
"Om Shanti Om", la nouvelle production bollywoodienne, d'après les extraits que j'en ai vu, a l'air absoluement géniale dans le genre. Le genre, c'est des beaux acteurs et des belles actrices qui chantent et dansent au milieu de couleur chatoyantes. Même pas entendu quoi que ce soit concernant l'histoire, c'est dire.
Vous apprendrez tout sur ce merveilleux film dans cet article d'un site sur Bollywood. Ca donne super envie...

Le grand Bluckbuster est sans aucun doute "There will be blood", une histoire de pétrole interprétée par Daniel Day-Lewis.

Et puis la grande star fut bien sûr Madonna, qui présenta son film "Filth and Wisdom" hors compétition. J'ignore tout à fait de quoi parle le film, mais les critiques sont assez élogieuses, déclarant unanimement que Madonna s'en sort bien mieux derrière que devant la caméra.

Parmi les films que j'aurais bien voulu voir, il y avait "Chiko"
Chiko.jpg J'ai pour habitude de ne pas regarder de trop près par avance les films que je veux voir. Il s'agit d'une histoire de meutre, de violence, de drogue et de tout un tas de machins comme ça. Le réalisateur, Ozgür Yildirim (avec un nom pareil, j'ai pas vérifié mais ça doit bien être un turc) signe un coup d'essai, sous le arainage d'un grand : Fatih Akin.Ca suffit pour me donner envie d'aller le voir.

Un film qui a beaucoup fait parlé de lui, je l'ai déjà mentionné, c'est "Kirschblüten - Hanami". Soit "Les fleurs de cerisier" accompagnés vraissemblablement de leur traduction en japonais. Je ne veux pas trop en savoir sur le film une fois encore, mais il s'agit d'un voyage au Japon d'un homme assez agé, après la mort de sa femme. Un film poétique et une réflexion sur le deuil.

Un film à polémique, "Feuerherz", d'après le roman de Senait Mehari, qui raconte son enfnce dans un camp d'enfants-soldats. Polémique, car on accuse l'auteure du roman de mentir et de n'avoir jamais vécu ce qu'elle annonce comme autobiographique. Officiellement, le réalisateur déclare avoir fait un film sur l'histoire touchante d'un enfant-soldat, que l'histoire soit fictionnelle ou non.

Par Eine Kuh in Germanie
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Mercredi 23 janvier 2008

KH-tapis-rouge-copie-1.JPG
Samedi dernier, Karoline Herfurth s'est trouvée face à un problème fort délicat. Elle devait porter un collier Piaget, mais par un comble de malchance la robe assortie au collier n'a pas pu arriver à temps et l'actrice a dû opter pour la robe Cavalli (qu'elle portait d'ailleurs, si j'ai tout suivi, la veille pour le prix du film de Bavière). C'est donc ainsi qu'elle a fait son entrée sur le tapis rouge de l'édition 2008 du bal du film à Munich.

"Voici donc les problèmes avec lesquels je bataille en ce moment" écrit-elle sur son blog. "Ca pourrait être pire." KH-ball.JPG
A noter : le téléfilm qu'elle vient de finir de tourner, Das Wunder von Berlin (Le miracle de Berlin), passe sur ZDF dimanche prochain. Et skrogneugneu de skrogneugneu je suis justement en France CE week-end-là !

Par Eine Kuh in Germanie
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Mercredi 12 décembre 2007
Aurais-je déjà  par hasard cité le nom de la plus belle actrice allemande ? Oui, je sais, chacun ses goûts, mais je ne peux cacher mon admiration profonde pour cette actrice, à peu près inconnue à l'étranger.

Le seul rôle pour lequel on peut la trouver sur des sites français, c'est celui de la marchande d'oranges dans Le parfum.  Un petit rôle, important quand même, et surtout qui réclamait une actrice avec une plastique bien particulière.
Il ont donc bien fait de choisir la jeune Karoline.

Mais c'est bien dommage qu'on se réduise à ce rôle pour parler de Karoline Herfurth. Elle vaut bien bien mieux.

Le charme de Karoline Herfurth réside dans son physique. Elle est belle, et terriblement belle, et si belle qu'on ne se lasse pas de la regarder. Les rôles qu'elle a joué exploitent d'ailleurs cette veine.
Ses personnages sont toujours des femmes-enfants. Elle incarne mieux que personne le passage de transition entre le corps enfant et le corps adulte. Parce que son corps est un corps de femme, très sensuel, mais pas sexy. Se sont les couleurs chaudes qui lui font le mieux, et pas la tenue de cuir noir. Elle arbore souvent une queue de cheval toute simple, celle de la lycéenne qui n'a pas eu le temps de se coiffer le matin. Mais en général, dans les films, les coiffeurs s'en donnent à coeur joie.
Telle quevous la voyez sur la photo, c'est ce qu'elle fait de mieux. Sa petite moue triste lui va à ravir. Et c'est aussi pour ça qu'elle incarne si bien les adolescentes tourmentées. Elle sait rire aussi, mais ça ne lui va pas aussi bien.

Passons à ses films.
Laissons de côté Le Parfum, et je vais vous parler des films d'elle que j'ai vus.

Le film qui a le plus fait parler de lui, c'est le super Teen-movie Mädchen, Mädchen.
Girls and Sex en français,Girls on top en anglais et My first Orgasm en serbe. Ca vous donne une idée.
Personellement, j'aime beaucoup le film. 50% parce qu'on voit Karoline Herfurth, 50% parce qu'un Teen-movie de filles pas trop trop idiot, c'est toujours marrant à regarder. Mon copain dément complètement, mais je trouve que les personnages masculins sont à mourir de rire, tous plus vrais que nature.
Bref, je trouve que le film réussit très bien à représenter le point de vue féminin. Mais il semblerait que le message ne passe auprès de la gente masculine. Dommage... M--dchen.jpg
Est sorti tout récement au cinéma Pornorama.
Oui, je sais, on dirait qu'elle le fait exprès. Le titre complet est Pornorama oder die Bekenntnisse der mannstollen Näherin Rita Brauchts, soit "Pornorama, ou l'aveu de la couturière nymphomane Rita Brauchs".
Allez, avouez que ça vous donne envie.
Je me suis précipitée pour aller voir ce film qui n'a pas eu un franc succès. Je l'ai trouvé pas mal du tout, mais à condition de ne pas s'attendre à grand chose. Comme son nom ne l'indique pas (ou peu), Pornorama est la petite aventure, en plein milieu des années 60, d'un jeune munichois qui décide de tourner le super film erotique du siècle. Ou comment tourner un film porno avec une équipe de bras cassés, une copine hippie, une actrice principale qui ne parle pas allemand et refuse de se mettre en décolté et beaucoup beaucoup d'imagination. Il y a des images d'archive de films et d'émissions d'éducation sexuelle des années 60 et une référence à Eisenstein tout à fait intéressantes... pornorama.jpg

Enfin voici le plus génial de tous les films de Karoline Herfurth : Grosse Mädchen weinen nicht ("les grandes filles ne pleurent pas").
Le film ressemble pour sa thématique de l'amitié à Heavenly Creatures ("Créatures célestes"), mon film culte de Peter Jackson. Katerine Herfurth apparaît aux côtés de Ana Maria Mühe, fantastique elle aussi, pour un duo fascinant et horrible. Deux adolescentes (Katerine Herfurth a 18 ans et en paraît 15) plongées tout d'un coup dans une vie qui les dépassent, et avec laquelle elles jouent, en apprentie-sorcières. Les rôles des parents sont très réussis, sans tomber dans la caricature.
C'est un film très cruel, très beau, très intelligent. Et sur le mal-être adolescent, un thème très difficile à traiter et très bien exprimé ici.
Enfin, vous aurez compris, je suis méga-fan. grossemw.jpg

Enfin, et pour clore l'article, je signalerai un passage éclair dans un rôle insignifiant dans le film Crazy, d'après le roman du même nom.
Par Eine Kuh in Germanie
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Dimanche 21 octobre 2007
Ayant entendu dire beaucoup de bien de Fatih Akin, j'ai voulu profiter de ce que son dernier film était encore au cinéma pour aller le voir. J'ai donc fait ça mardi. Et la veille, histoire de me mettre dans le bain, j'ai regardé un autre de ses films.
Je peux désormais vous donner mon avis sur ce très bon réalisateur.

Fatih Akin est un peu dans la lignée des réalisateurs contemporains qui insoufflent un peu d'"exotisme" dans un cinéma de très bonne qualité, comme Emir Kusturica.
Il joue également sur le même registre, tragi-comique, à la fois très sérieux et très drôle. Un subtil mélange qui marche très bien.

Fatih Akin est turc, fait donc partie de cette très grande minorité d'immigrés turcs qui ne cesse de grandir en Allemagne depuis des années, surtout à Berlin.
Je m'attendais un peu à un film sur l'immigration turcque, du genre les pauvres turcs, ils rencontrent que des racistes et ils arrivent pas à s'intégrer, la vie est trop dure avec eux.
Ce qui, de par ailleurs, pouvait quand même donner un bon film, si il était bien fait.
Mais pas du tout. Ce n'est pas de cela dont parle Fatih Akin.

Les films de Fatih Akin sont bien plutôt un chant d'amour à... l'Allemagne. Tout bêtement.
Ce à quoi se mèle une réflexion plus sur la double nationalité que sur l'immigration. Sa question est plutôt : quelle relation un enfant d'émigré qui n'a pas connu le pays de ses parents entretient-il avec ce pays ? Que ressent un émigré pour son ancien pays ? Et un Allemand qui part dans un autre pays ?
Ses films sont donc des chasser-croiser permanents, entre Allemagne et Turquie (pour Auf der anderen Seite, son dernier film), entre l'Allemagne et l'Italie (pour Solino)

De plus, dans Auf der anderen Seite (titre ambigüe, qui joue entre "de l'autre côté" et "sur l'autre rive"), se mèle une petite réflexion sur la langue qui me plaît particulièrement (allez savoir pourquoi). Le jeu incessant de communication, de non-communication, de revendication ethnique, de volonté de se revendiquer allemand, entre allemand, turc et anglais est toujours très réfléchi et très intéressant (comme de par hasard, l'un des personnages est d'ailleurs professeur de philologie allemande... tiens comme c'est bizarre, comme c'est étrange et quelle coincidence...).

Les deux films que j'ai vu ont pour cadre (pour la partie allemande) la ville de Hambourg.
C'est en effet la ville natale de Fatih Akin, lui même fils d'émigré turcs. Il y a étudié le cinéma et a vite été repéré pour son talent. Il fait environ un film par an.

Solino-affiche.jpg

"Solino" date de 2002.
L'immigration italienne a été très forte dans la période de l'après-guerre. Ce sont un peu les prédécesseurs des turcs dans ce domaine en Allemagne, et c'est donc à la fois très cohérent et - je trouve - très intelligent de la part de Fatih Akin d'avoir commencé par raconter la vie d'une famille d'émigrés italiens, et en particulier de celle du petit Gigi ("l'Amorosoooooooo"... oups, je m'égare).
Les parents de Gigi ont l'idée révolutionnaire d'ouvrir une pizzeria en Allemagne, le petit Gigi, lui, découvre la photographie et le cinéma. Une jolie mise en abîme qui ne se prend pas trop au sérieux.
Enfin, charme irrésistible de ce film, les années 60 reconstituées dans toute leur splendeur, avec de superbes coupes de cheveux, pantalons et tapisseries. Comment dire non ?

solino-film.jpg



Auf-der-anderen-Seite-Plakat.jpg
"Auf der anderen seite" est donc sorti pour Cannes 2007. D'ailleurs il passe en France en ce moment, alors précipitez-vous.
Sur cette page, vous trouverez des vidéos du film qui vous donneront une idée.
- la bande-annonce : pas mal faites, qui donne une bonne idée d'ensemble de l'atmosphère du film (une remarque cependant : il y a eu une coupure que je trouve étrange, par rapport à la bande-annonce allemande ; lorsque la jeune fille blonde dit "il faut qu'on l'aide", la dame répond "mais tu ne la connais même pas". Ce à quoi la jeune fille blonde rétorque : "mais c'est justement ça l'Allemagne".)
- l'extrait 1 : exactement ce à quoi je pensais en parlant de la réflexion sur la langue
- l'extrait 2 : ne vous y trompez pas, le film ne parle pas de politique dans le sens où cet extrait pourrait le faire croire. En Allemagne, ce passage a été un des moments qui ont le plus fait rire la salle. Et moi, ça m'a beaucoup rappelé à la fois de mes années lycées et de la Serbie. C'est un passage dont l'humour est un peu dur à comprendre peut-être pour des français.

L'histoire de Auf der anderen Seite est très fine,  une suite de malentendus, de hasards, de destins croisés.
Mais bon, c'est ça quand on commence à aller à l'étranger : on se rend compte à quel point la communication est difficile, source des plus grandes joies, et aussi à quel point le monde est - en fait - petit.

Voilà donc un réalisateur à suivre.
Par Eine Kuh in Germanie
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