Général - théâtre

Mercredi 5 mars 2008
Le Deutsches Theater : la salle de théâtre d'un autre siècles, avec un poulailler et un partère, un grand rideau rouge et des dorures et des portraits au plafond.

Pas vraiment emballée par la mise en scène. Certes, les conditiond n'étaient pas optimales non plus, les seules places qui nous sont restées sont celles du poulailler, et nous sommes perdus dans une marée de lycéens, leur feuille "Mise en scène d'Emilia Gallotti" à la main. Grand classique oblige.
Et, grand classique oblige, le metteur en scène a voulu revisiter la pièce. Ce qui donne une mise en scène "moderne", comme on dit, une scène vide, pas d'accessoires, pas de décors, des costumes simplifiés au possible. Le plus... choquant : les acteurs débitent leur texte le plus vite possible, respirant en plein milieu d'une proposition, histoire qu'on ne comprenne vraiment rien (le lycéen devant moi, à la première tirade, s'est tourné vers son copain et a lancé "Was ?", ça m'a un peu rassurée...). Entre chaque tirade, de longs silences, pendant lesquels les acteurs exécutent des chorégraphies de déplacement et de gesticulations, qui ont sûrement un sens profond très ésotérique. En bref, le metteur en scène a l'air de s'intéresser beaucoup au corps, c'est très bien, mais cela donne un théâtre qui méprise le texte. Et bon, là, je suis moins.

Comment, vous ne connaissez pas Emilia Gallotti ? La pièce de Lessing a pourtant été le coup d'envoi du théâtre "bourgeois" en Allemagne, disons plutôt dans cet amas de provinces qui se cherchait encore une identité allemande. Bref, Emilia Gallotti, c'est le fondement historique de l'Allemagne. Si, si, rien que ça.
Bon, je vous raconte l'histoire ; mais interdit de rire, hein ? Emilia est une fille de bourgeois, un comte s'est épris d'elle, ils vont se marier, sauf que le prince a des vues sur la jeune fille, et sur les conseils de son conseiller (le vilain Marinelli... bouh), il organise un guet-apent pour surprendre les futurs époux et leur famille sur le chemin qui les mène à l'église. Le comte meurt, Emilia est amenée chez le prince, la mère se lamente, le père se lamente, il croit l'honneur de sa fille perdu... et si vous connaissez pas la fin, tant pis pour vous, na.
Seule réussite de cette mise en scène qui me laisse plus que perplexe : la confrontation entre le prince et Emilia. Je ne sais pas par quel parti pris, les hommes ne font que gesticuler sur scène tandis que les femmes restent raides et figées. Dans cette scène également, Emilia reste droite et immobile tandis que le prince fait danser ses mains tout autour de la jeune fille. Apparaît alors ce que le texte de Lessing ne permet que de supposer, et de façon tout à fait incertaine. Emilia, l'incarnation de la pureté et de l'innocence, Emilia qui refuse de se donner au prince, Emilia n'est peut-être pas si insensible que ça. L'actrice flanche en effet par instant et se détache de sa posture pour répondre à celle du prince. Puis se reprend. Une scène de cinq minutes, qui sauve toute la pièce.
Je suis par contre tout à fait contre l'interprétation du rôle de Marinelli, qui est à mon avis tout sauf l'âme damnée du prince, le personnage soumis et presque ridicule incarné dans la mise en scène. Marinelli est bien plutôt celui qui pousse le prince et envenime ses faiblesses. Certes, c'est très facile, on le sent à plein nez et Lessing insiste lourdement dessus à la fin, mais il ne faut pas non plus faire dire à la pièce de Lessing ce qu'elle ne dit pas ; le théâtre de Lessing n'est pas un théâtre bien subtile non plus, et si la faiblesse d'Emilia est si subtilement dissimulée, c'est aussi parce qu'elle n'était pas tellement de bon ton. Donc, non, non, pour Marinelli, je ne suis pas d'accord.
En définitive, ce que la mise en scène réussit le mieux, c'est à montrer l'inintérêt pronfond de l'intrigue (que vous aurez peut-être senti en lisant mon résumé). Je ne suis pas sûre qu'il était si indispensable de le souligner.
Par Eine Kuh in Germanie
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Dimanche 28 octobre 2007

Jeudi soir, ma première pièce de théâtre.

Qui n'est pas vraiment une pièce de théâtre, mais appartient au genre du "Kabarett", très populaire, de l'humour sauce one-man show.

En l'occurence multi-men-show, puisque le spectacle tourne autour de trois  "Kabarettisten", Murat Topal, Fatih Cevikkollu et Ozan Akhan. Le premier est un comique montant, dèjà pas mal connu, le deuxième a fait parler de lui depuis 2006 où il a remporté un prix, et le troisième est malheureusement très peu connu.
Et tous les trois sont... turcs, ça va sans dire.

"Combien y'a-t-il de personnes qui parlent turc dans la salle ?... Une... deux...
Vous habitez en Allemagne et vous ne parlez toujours pas turc ?!?"

Les sketchs parlent des turcs, des allemands.

"Bonjour, je m'appelle Murat Topal, je viens de Berlin, du merveilleux et idyllique quartier de Kreuzberg..."
Et on peut déjà commencer à rire, parce que dire qu'on habite Kreuzberg quand on est turc, c'est comme qui dirait un pléonasme...

Voilà une vidéo de Murat Topal, qui n'aura malheureusement d'intérêt que pour ceux qui comprennent l'allemand. Il s'agit du sketch du policier, que j'ai particulièrement adoré.
"Je suis, comme mon nom peut le laisser supposer, turc et policier...
Si, si, il arrive que l'on soit les deux à la fois..."
"Je suis le premier médium langagier exceptionnel de Berlin allemand-autre machin.
C'est à dire allemand de la rue-allemand administratif."
Avec une scènette adorable où il discute avec un jeune collégien qui vient de se faire "agresser" et sa copine.
A coups de "passof" (Pass auf !) et de "Alles klar", et de plein de jeux de mots impossibles à traduire, et surtout avec cet accent berlinois/turc/d'jeun's si craquant...
Puis (3:50) un contrôle de permis de conduire auprès d'un père de famille turc bien spécial (c'est à dire bien... turc).

Petite vidéo de Fatih Cevikkollu.

L'humour de Fatih (www.fatihland.de) est plus politisé, plus critique vis à vis de l'incompréhension des allemands envers les turcs. Parfois un peu méchant. Mais il ne se prive pas aussi de se moquer de la culture turcque, qui ne se transpose pas toujours très bien à l'Allemagne. Et des clichés qui sont souvent... vrais.
J'aime moins, mais c'est une autre vision.
Ici un sketch (polémique) sur le questionnaire que les musulmans doivent remplir pour venir en Allemagne.
Par Eine Kuh in Germanie
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